Publicité

L'instinctuel à Bissiry

Mercredi 6 décembre 2006
Le thème de ces journées était le pouvoir.
Michèle Riot-Sarcey est professeure à l’Université Paris VIII, elle a publié récemment une “ Histoire du féminisme ” aux éditions La Découverte, dans la collection de poche Repères.

Elle commence par expliquer qu’elle n’est pas philosophe mais historienne. Elle dit vouloir interroger le pouvoir depuis une position féministe. De ce point de vue, le problème c’est la domination. Elle pense que ce qui fait problème c’est le pouvoir réel à l’œuvre ainsi que sa reproduction.
Pour Michèle Riot-Sarcey, le rapport homme / femme pose le problème des modèles et des valeurs. L’être au monde est le pouvoir.
Elle commence son argumentation en séparant la puissance et le pouvoir. Le pouvoir c’est le gouvernement, le commandement. La puissance, c’est l’effort de persévérer dans son être. Elle se réfère à Spinoza qui a formulé cette définition. Ensuite, elle dit s’appuyer sur les travaux de Françoise Héritier, qui constate que les femmes sont exclues à la fois de la puissance et du pouvoir.
Elle situe son premier repère historique chez Spinoza, qui parle de la possession des femmes par les hommes, au sens de la propriété. La grande rupture est celle de la fin du XVII° avec la modernité. Elle explique qu’elle ne discutera pas ici la notion de modernité. Elle semble employer ce terme par commodité. Elle note qu’à ce moment là, à la fin du XVII° siècle, il s’est produit une ouverture radicale. Le mode de pensée a changé, mais sans changer les rapports sociaux de sexe. La femme était alors devenue comme les hommes, potentiellement libre. A cette époque, il a fallu réinventer les catégories sociales. Il fallait rendre conciliable la rupture avec une certaine continuité. La liberté était une pensée, cette pensée rendait possible la liberté pratique. Le système de représentation sur la souveraineté avait été bouleversé. Les représentations collectives vont devoir être remise en ordre. Le contenu de ces représentations pour les femmes est simple : les femmes sont mineures et elles doivent le rester.

Pour Michèle Riot-Sarcey, pour comprendre la mise en place du pouvoir réel, il est nécessaire de partir de la combinaison entre le mental et la pratique. Elle dit alors qu’elle va développer trois points pour étudier la relation des femmes au pouvoir :

1 / Le pouvoir de faire et d’agir dénié aux femmes ;
2 / L’impossible du dire pour les femmes ;
3 / La voix des femmes, un “ je ” difficile à faire entendre.

1 / Le pouvoir de faire
Elle pense qu’il faut établir un lien entre la représentation politique dans la vie publique et les représentations collectives intériorisées par les personnes. Pour elle, la démocratie telle qu’elle fonctionne depuis cette date est un problème. Il y a encore des Bastilles à prendre. Les grands principes sont toujours valables. Nous sommes dans un système non contraint, où la place des femmes est un pilier fondamental pour légitimer le pouvoir.
Les femmes ont le même pouvoir que les hommes, si on parle des capacités. L'association en assemblée, pour parler de des affaires de la cité, est une réponse politique et une réponse qui émane des humains eux-mêmes. La différence des sexes est novatrice. Elle est le résultat d’une construction sociale. L’identité des femmes est construite afin de réserver l’espace public aux hommes. Avec la révolution l’idée d’émancipation devient possible à vivre. Michèle Riot-Sarcey note l’importance de cette rupture. Pendant quarante ans l’idée pratique d’émancipation était là. On peut le voir chez Kant, par exemple. Mais il fallait aussi vivre avec le traumatisme de la mort de Dieu. Cette rupture c’est la fin de la légitimation de l’ordre des choses par Dieu. Le langage est d’origine humaine, Herbert le démontre. Comme le dit Foucault, les humains arrivent dans un monde préconstruit. Il est important de prendre en compte cette mutation. La solitude de l’individu/e est un choc mental. C'est une époque où l’on se suicide beaucoup. Les intellectuels découvrent le peuple et la misère et ne savent pas comment aborder ce problème. Le paupérisme est connu, mais comment le penser reste une question non résolue.

Sa première hypothèse est que la parole des femmes existe, malgré cela celle-ci reste inintelligible, il est impossible qu’il soit entendu. Pour comprendre ce phénomène il me semble nécessaire d’étudier comment après la rupture de la révolution la société a essayé de reconstruire le lien social. Pour reconstruire ces liens, la famille a joué un rôle primordial. On a conféré aux femmes la puissance du spirituel. En travaillant sur la domination patriarcale Elle pensait au début qu’il s’agissait seulement de l’aspect naturel, tel qu’on le dit depuis longtemps. Elle dit s'être aperçue que le rôle du spirituel est essentiel. Il y a un double mouvement pour définir la féminité. Il existe, à son avis, deux composantes dans le féminin : la dimension spirituelle et l’assujettissement à la nature, bien connu dans la famille.
Le 19° siècle est celui de la femme religieuse. La multiplication du nombre de saintes et le rôle de la vierge Marie à cette époque dans le catholicisme sont significatifs de tout cela. L’âme des femmes est celle de la vierge magnifiée. Dans ce cadre, le devenir des femmes est à la fois celui de mère et celui de pilier dans la médiation entre les hommes et Dieu. Il faut noter l’importance du modèle qu’a été Thérèse de Lisieux. Celle-ci est très vite devenue une figure de femme célébrée et largement diffusée.
On peut également se référer à Hegel. Il a été l’inventeur de la philosophie de l’histoire. Il a préconisé le retour au passé pour comprendre le présent et agir sur lui. Il revient sur la définition de la liberté, ce concept si important à l’époque. Pour lui, le féminin c’est celui de la sœur, ce qui compte pour les femmes c’est la loi de la famille, l’essence de la femmes c’est l’intérieur.

La femme est assujettie à la fois à la nature et à la spiritualité. Il faut essayer de comprendre comment se sont forgées les représentations collectives du féminin. Toute parole hors du cadre des valeurs dites féminines est incongrue et inaudible, ou n’existe pas. Avec ces valeurs, il y a une assignation des femmes à une fonction précise : la famille et les enfants.
Pour illustrer son propos, Michèle Riot-Sarcey cite le cas de Georges Sand, qui a été violemment attaquée comme l’exemple même à ne pas imiter. Depuis 1848, elle figurait la femme libre. Sa vie et sa liberté étaient devenus un symbole. Elle a été critiquée tout le long de son existence. Il faut savoir qu’à ce moment là l’esprit de liberté court partout.
Rousseau a été la référence pour les révolutionnaires avec son Contrat social et le Discours sur l’origine de l’inégalité, il a mis en forme une partition entre les hommes et les femmes. On peut même dire qu’il est l’inventeur de la modernité pour les femmes.
La recherche d’absolu était assez répandue à cette période. On la trouve en Allemagne, en Angleterre. L’idée et l’esprit de liberté étaient l’horizon. Il s’agissait d’une recherche pour la fabrication de l’homme sans divinité.

Le “ féminin ” est en même temps une méthode efficace et un système absurde d’une grande bêtise par rapport à l’humanité. L’idée du féminin ne va pas de soi à ce moment là. Aujourd’hui, cela va de soi et c’est le résultat de la modernité.
L’impossible de pouvoir faire est lié au problème des représentations. Il n’y a pas d’auteure femme, ce n’est pas possible, et quand cela existe elles sont combattues, comme l'a été Georges Sand. Les femmes dans le travail ce n’est pas envisageable, elles n’y ont pas droit. Les femmes travaillent et de tout temps elles ont travaillé, mais c’est nié. Michèle Riot-Sarcey estime que la parole des femmes est dans la même situation que le “ prolétariat ” qu’il fallait gommer et pour qui il a fallu insister longtemps et avec force pour le faire admettre dans la société, Pour les femmes c’est identique. Tout cela se confirme et converge dans le même sens avec le mouvement industriel. Le mouvement ouvrier s’est construit sans les femmes. Lors de la création de la Première Internationale, il est explicitement dit que les femmes ne doivent pas travailler et ce pour deux raisons : tout d’abord elles font concurrence aux hommes sur le marché du travail et en second lieu c’est déconsidérer les hommes qui n’ont que leurs mains. On constate donc que le cadre de pensée chez les ouvriers et chez les bourgeois est le même.

Au bout de quelque temps on peut observer que l’esprit de liberté est réservé à une élite. La capacité de raisonner avec ses pairs concerne des hommes dans la cité. L’homme politique est celui qui sait, qui est éduqué et qui a le temps. Cette façon d’exercer sa liberté est un modèle fort pour le pouvoir. La famille est synonyme de propriété, y compris pour l’ouvrier. On voit donc que le fait d'avoir du temps libre pour faire de la politique implique de se libérer des tâches domestiques. D’où la revendication d’avoir un salaire suffisamment élevé pour pouvoir faire vivre tous les membres de la famille qui ne travaillent pas.
Michèle Riot-Sarcey pense que l’impossible pouvoir de faire, qui caractérise les femmes, est dû à la puissance symbolique des représentations. La notion de “ femme publique ” est significative de cela. Si les femmes font quelque chose, elles le font par effraction. L’idée du féminin est intériorisée par les femmes et les hommes. En conséquence, l’expression d’une femme ne peut être que celle d’une mère. Le sacrifice de soi est la règle dans les valeurs féminine et la femme se doit de parler et d’agir depuis cette place.

2 / L’impossible pouvoir de dire
Il existe un rapport inégal dans la famille. Depuis le début du 19° siècle, les libéraux comme Guizot, parlent de la raison supérieure du père. Ils sont contre le suffrage universel, parce qu’il faut réserver le pouvoir aux hommes. Le droit est interdit aux mineurs, aux femmes et aux étrangers. Il est reconnu une capacité supérieure à l’homme. Comme la démocratie est une soumission sans contrainte, il faut compter sur le processus éducatif pour juguler la révolte. Il y a eu un élargissement de l’élite avec la révolution mais la femme est considérée comme inférieure et doit le rester. Si les femmes vont au-delà, elles déstabilisent la famille. En 1848, les femmes sont actives et constatent cet écart entre les mots et les choses, dont a parlé Foucault. De quelle universalité on parle ? Les femmes sont interdites de club. Si cela arrive elles sont ridiculisées. Le centre de la famille est la femme. C’est une condition indispensable du fonctionnement social et politique. Mais les règles ainsi définies échappent aux femmes, elles sont définies par les hommes. La pensée est interdite aux femmes.

Il y a un problème d’analyse. De fait, les femmes sont le pilier nécessaire à la philosophie et à la politique, sans elles, les hommes n’auraient pas le temps ni le soutien pour réaliser ces activités tant valorisées. Le droit à la parole publique est refusé aux femmes. Il n’y a pas de femmes dans la rédaction de l’encyclopédie philosophique. Michèle Riot-Sarcey remarque que s’il y a eu si peu de femmes philosophes depuis la révolution, c’est principalement dû au fait qu'elles n’avaient pas droit à l’éducation philosophique comme les garçons. Foucault parle de l’écart entre les mots et les choses au XIX° siècle. Il y a cette découverte que le mouvement s’effectue hors des humains. On arrive dans un monde déjà construit, où les mots ne correspondent pas aux choses. Il y a un problème de pertinence. N’oublions pas que 1848 est qualifié de “ printemps des peuples ”. Les femmes elles-mêmes le disent. La république démocratique et sociale est à l’ordre du jour. La mobilisation est forte. La mise en cause des anciens discours existe partout. Pourtant, à l’issue d’un long combat contre les femmes, le pouvoir est entre les mains des hommes. Les femmes écrivent, leurs textes sont refusés. Notre démocratie est le résultat de cette évolution, C’est l’opinion qui est plus fort que la raison. Les hommes cherchent maintenir leur place prépondérante. Les femmes n’ont pas conscience qu’il se construit ainsi une science du pouvoir contre elles.

Michèle Riot-Sarcey se réfère à Walter Benjamin et à son livre sur les passages, où il se définit comme un chiffonnier de l’histoire. Il essaie de recueillir et de garder les traces de ce qui disparaît avec l’histoire officielle des vainqueurs. L’avis des perdant/es est rejeté et le passage du temps efface tout cela. L’avenir des femmes c’est un devenir d’effacement dans le mouvement de l’histoire. Pour Michèle Riot-Sarcey, il faut étudier l’histoire des femmes comme une histoire tracée dans le devenir de l’histoire contre le mouvement même de l’histoire. Cette histoire est la construction représentative de la place des femmes. On ne comprend pas si on confond le féminisme avec les valeurs attribuées au féminin. Ces représentations agissent avec force et elles sont inconscientes. Hors des représentations collectives des valeurs dites féminines il est impossible de parler pour les femmes. Les femmes parlent la langue avec les valeurs des hommes.
Il faut imaginer une déconstruction et aborder le problème des contraintes qui vont de soi. En nommant Foucault, Michèle Riot-Sarcey affirme, que pour travailler à l’émancipation, il faut se poser la question de ces valeurs inconscientes. Les femmes doivent se poser la question : “ Pourquoi je pense ce que je ne pense pas ? ”.

Elle cite Michèle Ledoeuff (auteure du livre "Le sexe du savoir", éditions Aubier, Paris, 1998) sur la nécessité de comprendre le sens commun. Le sens commun est le sens dominant. Pour Michèle Riot-Sarcey, le problème peut se résumer à la question de savoir pourquoi quand on parle d’un homme public il s’agit d’un homme qui fait de la politique et quand on parle d’une femme publique il s’agit d’une prostituée. Ainsi la moitié de la nation est niée. Elle cite les travaux à paraître de Édith Taïeb sur “ La citoyenne Hubertine Auclert ”.
Ce système s’impose et elle se pose la question de savoir d’où vient la révolte. Elle pense que l’invention du féminin a créé une particularité, qui est une mise à l’écart de l’espace public. Elle estime que l’harmonie entre les sexes dont parle Mona Ouzouff, vision qui présente une histoire harmonieuse n’est pas juste. Dans un autre texte, elle parle explicitement d’une histoire conflictuelle. Pour Michèle Riot-Sarcey, l’histoire est celle de l’effacement des femmes, l’effacement des paroles et des représentations des femmes elles-mêmes.

3 / Un “ Je ” difficile à faire entendre
Michèle Riot-Sarcey estime, comme l’a bien montré Nicole Claude Mathieu, que les femmes sont dans une situation telle que l’on peut caractériser leur position de cette façon “ quand céder n’est pas consentir ”.
Elle explique que lorsque l’on veut être aimé on essaie de correspondre à ce qu’on attend de vous. Le poids des modèles identificatoires est important. Il existe un discours qui attend que l’on soit ainsi. La question alors est celle de savoir ce que veut dire “ qu’est-ce qu’être femme ? ” L’universalité échappe aux femmes. La construction de la catégorie “ femme ”, c’est le genre. La question devient alors : qui parle ?, Est-ce les femmes ? Ou n’est-ce pas plutôt les hommes ?
Michèle Riot-Sarcey cite l’exemple de Cécile Brunswick qui en 1936 devient ministre en admettant les valeurs féminines. Elle parle des travaux de Christine Bars sur la radicalité de Madeleine Pelletier, qui n’a pas choisi cette voie et qui a été complètement oubliée et niée.
Elle remarque qu'au quotidien, il faut faire avec la société. Le rapport au genre humain pose problème. Le devenir femme se fait en fonction des valeurs du “ féminin ”. La formule “ je est un autre ” est pertinente pour les femmes. On les inclut dans la totalité des humains, à condition qu’elles acceptent ce qu’elles ne sont pas. Du point de vue des femmes, il existe une différence entre ce qui doit être dit et ce qu’on pense réellement.
Pour avancer vers l'égalité, Michèle Riot-Sarcey propose aux femmes d’exercer leur capacité critique. Elle se place dans une posture de résistance, tant sur le plan des valeurs dites féminines, que sur le plan de l’espace public. Le féminin étant construit par les hommes, les femmes se demandent comment être ce genre qui leur est assigné ? La correspondance entre le “ je ” et l’être est une difficulté. Michèle Riot-Sarcey pense qu’il faut développer une conscience de la résistance pour aller vers une subjectivation. Le devenir sujet pour les femmes passe par la critique des catégories dans lesquelles elles sont enfermées, cette fameuse féminité. Il y a toujours ce problème de la construction des représentations collectives qui sont intériorisées par les femmes dans leur devenir femme. Penser le pouvoir dans ce cadre, c’est penser la domination. Elle estime qu’il faut exercer la raison critique constamment. Cela vaut pour les femmes et pour les hommes, affirme-t-elle. Les hommes sont eux aussi pris dans ce modèle. Elle énonce alors clairement sa position féministe, féministe radicale.

Elle constate que les tenants de la lutte de classe ont reproduit ces schémas machistes. Le féminisme va l’encontre de tout. Pour Michèle Riot-Sarcey, le féminisme est une utopie de ce temps. L’égalité et la liberté c’est pour toutes et tous. Ces notions sont compatibles avec la différence. Le féminisme est une voie pour que les femmes se sente à l’aise dans leur “ je ”. Le problème de représentations à questionner doit être porté dans tous les domaines de la société. Le féminisme reste une utopie pour l’instant. Pour la mise en cause du pouvoir, il faut aller voir les féministes.
L’utopie c’était le problème de la place dans le devenir. La crise contemporaine est forte, l’avenir possible est devant nous. Elle dit que dans le contexte contemporain, il existe des forces vives qui veulent changer les choses. C'est assez souterrain pour l'instant, mais c'est assez vif et dynamique. Le féminisme vit dans ce mouvement. Thomas More a écrit le mot Utopie dans le trouble de son époque pour dévier l’ordre. L’utopie apparaît quand on n’a pas d’espace dans un monde ordonné.
A une question sur le lien entre critique interne et une critique externe elle répond que le féminisme est une critique pour retrouver ce qui est interne au genre humain, mais une distance critique par rapport aux valeurs actuelles du “ féminin ”. Elle pense que les outils des Lumières, la raison critique, la théorie critique à la manière de l’École de Francfort sont une bonne voie. Elle cite Condorcet :
"[…] les droits des hommes résultent uniquement de ce qu'ils sont des êtres sensibles, capables d'acquérir des idées morales et de raisonner sur des idées. Ainsi les femmes ayant ces mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux. Ou aucun individu de l'espèce humaine n'a de véritables droits, ou tous ont les mêmes ; et celui qui vote contre le droit d'un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès lors abjuré les siens."
Condorcet, Essai sur l'admission des femmes aux droits de cité. Texte écrit en 1790.

Elle aborde à propos des principes et de l’écart entre les mots et les choses la question de la différence entre la parité et l’égalité. Pour Michèle Riot-Sarcey, la parité est un moyen de couvrir l’inégalité. C’est une légalisation de l’égalité impossible. Cette légalisation exclue les femmes de l’universel. Elle plaide pour le droit de cité pour les femmes. Elle pense qu'après la révolution, la morale a remplacé la religion. Pour les femmes on parle toujours de dévouement, de don de soi. Elle rappelle que Nietzsche a dit que “ le refus de soi, c’est le refus de vivre ! ”
Le modèle de Hegel pour l’homme libre c’est la propriété. C’est un mode d’être au monde assez particulier tout de même. Elle cite la critique de la philanthropie que Baudelaire développe dans son poème “ Assommons les pauvres ! ”. Elle lit ce texte comme une critique virulente de ce qui se passe à ce moment là.
La parole publique des femmes est une parole bloquée. Elle revient une seconde fois sur la figure de Walter Benjamin pour dire que, comme lui, il faut être attentif aux mots. Elle estime que le système représentatif est en cause, à la fois au niveau des mots et au niveau politique. Les femmes doivent prendre la parole et développer la critique du pouvoir.
-----------------
La discussion a continué après mon départ. L’heure m’imposait un changement de situation.
Notes personnelles :
Dans la salle il y a avait une majorité de femmes. Beaucoup d’hommes sont partis quand elle a annoncé qu’elle était féministe radicale. La philosophie sérieuse et masculine ne doit pas être compatible avec le féminisme. Enfin pour ma part, j’ai beaucoup apprécié son intervention.

Philippe Coutant Nantes le 10 Février 2003


Ce texte est un essai de compte-rendu de l'intervention de Michèle Riot-Sarcey lors des Escales Philosophiques de Nantes 2003, le Dimanche 2 Février 2003, au Lieu Unique.


Le lien pour le poème de Baudelaire http://www.poetes.com/baud/BAssomm.htm


Des textes de Michèle Riot-Sarcey :

Le réel de l'utopie, l'Utopie et le réel : "Le réel de l'utopie"

Retour critique : "Retour critique"

Le féminisme est toujours une utopie : " Le féminisme est toujours une utopie "

Le féminisme, une utopie ? : "Le féminisme, une utopie ?"
Par Alsény
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 6 décembre 2006
Par tradition, on n’aime pas le corps dans l’histoire de la philosophie. Cette méfiance immémoriale semble, de surcroît, privilégier deux appendices qui disent la parenté de l’homme et de l’animal : le nez et le phallus. Afin de conjurer cette animalité, l’Occident a inventé des corps purs et séraphiques mis en forme par des machines à faire des anges : de la castration au mariage bourgeois en passant par toutes les techniques de l’idéal ascétique. Or, pour Michel Onfray, cet état de fait ne saurait durer. Les philosophes doivent souvent leurs intuitions essentielles à des crises qui mettent en jeu la machine corporelle, puissamment ébranlée avant qu’elle ne recouvre l’équilibre en produisant du système. Ce livre se propose d’extorquer aux penseurs quelques aveux drolatiques ou décisifs afin que l’histoire de la philosophie cesse enfin de n’être qu’une histoire de l’esprit. Dans le même temps, il s’agira ici, par-delà la lignée morale qui va de Platon à nos modernes contempteurs du corps, de réhabiliter une pensée hédoniste dont l’époque a plus que jamais besoin : des cyrénaïques aux enragés de Mai 68 en passant par les gnostiques licencieux, les Frères du Libre-Esprit, les libertins érudits et quelques autres dont La Mettrie, qui écrivit aussi en son temps un Art de jouir, Sade ou Fourier. Ce livre esquisse donc une sagesse où le plaisir aura sa part, autant que la désillusion et le sens de la mort. Il voudrait définir à sa façon, loin des dogmes et des bréviaires, une morale enjouée et tragique – celle-là même dont notre avenir a le plus grand besoin.
Par Alsény
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 6 décembre 2006

C'est parce que certains hommes ont un rapport obsessionnel avec le corps de la femme qu'ils lui imposent le voile qui n'a rien de religieux. Un horizon de désespérance

LEÏLA BABÈS, Professeur de sociologie des religions

à l'Université catholique de Lille

Auteure du livre «Le Voile Démystifié» (Bayard)

Le tollé soulevé dans le monde musulman par le vote de la loi française d'interdiction des signes religieux à l'école a révélé deux faits totalement inédits dans toute l'histoire de l'islam. D'abord les réactions quasi-hystériques qui se sont exprimées ici et là à propos du voile, devenu un phénomène mondial, le signe emblématique d'une communauté, montrent à l'évidence, une fracture dans la conscience musulmane. Jamais auparavant, ni dans la période califale ni même depuis l'émergence des premiers idéologues islamistes au début du XXesiècle qui ont fait du voile un précepte fondamental en le désignant abusivement par le concept de hijâb que le Coran réserve exclusivement aux épouses du prophète, le corps de la femme n'avait fait l'objet d'un débat engageant le destin de l'ensemble de la communauté. C'est un peu comme si le corps social se confondait avec celui de la femme.

Ensuite, ce qui frappe, c'est la reprise en coeur un peu partout d'un discours qui circule dans les milieux islamiques depuis quelques années, selon lequel le voile est une croyance et une pratique religieuse. Voilà bien une gigantesque mystification dont les mécanismes sont faciles à démonter.

Mais pourquoi tant de bruit pour ce morceau de tissu? Pourquoi ces musulmans ne manifestent-ils pas pour avoir de belles mosquées au lieu de ces obscures salles de prière qui donnent une image si misérabiliste de leur religion? Après tout, la prière est l'un des fondements cultuels avec la profession de foi, la zakât, le jeûne et le pèlerinage. Je ne sache pas que le voile fasse partie de ces cinq piliers de l'observance, pas plus qu'il ne constitue un élément du dogme musulman, un pilier de la foi avec la croyance en Dieu, aux anges, aux Livres, aux prophètes, et au Jour du Jugement dernier. Il n'y a strictement aucune différence dans ce domaine de la foi, du culte, de la spiritualité et du statut du croyant entre l'homme et la femme. Le Coran et la tradition prophétique sont clairs là-dessus. Si comme le prétendent les tenants de cette nouvelle doxa, le voile était une obligation cultuelle au même titre que la prière ou le jeûne, alors qu'attendent les hommes pour se voiler?

Une chose est sûre: cette supercherie est le fait des hommes, et elle touche le corps de la femme. Le voile a toujours été depuis son apparition il y a près de deux millénaires, un moyen de soumettre la femme à la tutelle de l'homme. Cette règle de «marquage» des femmes du clan, épouses, vierges, femmes de haut rang, accompagnée d'un tabou particulier sur les cheveux, se retrouvera presque partout dans le pourtour méditerranéen.

Les islamistes qui croient que le Coran a inventé le voile se trompent. Le voile n'a rien de religieux, il n'est même pas le fait de croyants juifs ou chrétiens, c'est une coutume instaurée par des peuples de païens, des hommes de la Jahiliyya, cet âge de l'ignorance de «la vraie religion». Le Coran ne «prescrit» pas le voile. Il ne fait que recommander aux femmes de le porter d'une manière décente qu'il ne décrit nulle part, et de couvrir leurs décolletés. Les principes éthiques que le Coran défend sont la pudeur et une attitude de réserve en matière d'attirance entre les sexes, principes qui s'appliquent d'ailleurs aussi bien aux femmes qu'aux hommes. Tout le reste n'est que fantasmagorie. Le voile n'a donc rien de religieux. Il a à voir avec des hommes qui ont un rapport obsessionnel avec le corps de la femme.

Rien d'étonnant à ce que les femmes soient l'objet principal d'une telle fixation lorsqu'on défend une conception liberticide. Le voile est à un tel point un symbole essentiel pour l'ordre islamiste qu'il permet de marquer une stricte différenciation des sexes, en assignant les femmes à une place particulière. En accentuant l'interdit qui pèse sur le corps de la femme, on rend celle-ci inapte à se découvrir, à se rendre visible, à investir l'espace public, à accéder au pouvoir, en somme, à être l'égale de l'homme.

Mais c'est sur un autre registre que les ressorts profonds de ce pathos se jouent: le registre sexuel. Car c'est sur ce terrain que depuis deux milles ans l'obsession se déploie. Le Coran ne donne d'ailleurs aucun autre argument dans les trois versets relatifs au «voile», en mettant en cause systématiquement les hommes et leurs motivations sexuelles. En légiférant sur le voile, le texte divin a tenté de réguler les instincts libidinaux des hommes, toujours prêts à convoiter les femmes sans discernement, à commencer par les propres épouses du Prophète. Ces hommes n'étaient ni juifs, ni chrétiens, ni polythéistes, ils étaient musulmans.

Que conclure de tout ceci? Que 14 siècles après la fondation de l'islam, les musulmans qui agitent aujourd'hui le voile comme on agite l'étendard de la communauté, ont oublié ou feignent d'oublier l'exercice du jihad, que le Prophète lui-même a appelé le grand jihad pour le distinguer du combat armé, cet effort personnel de perfectionnement éthique et spirituel destiné à contrôler ses propres instincts. En faisant du voilement du corps de la femme, objet de toutes les convoitises, un moyen d'assurer leur tranquillité, les hommes s'autorisent à ne pas faire cet effort. Bien entendu, ce sont les femmes qui paient le prix de cette attitude infantile qui permet aux hommes de se réfugier dans le confort douillet de l'auto-dé-responsabilisation.

Continuer d'affirmer que le voile est une prescription éternelle et non circonstanciée au lieu d'accomplir le jihad, c'est reconnaître que les hommes musulmans sont des hommes sans éducation, incapables de contrôler leurs instincts animaux. N'est-ce pas reconnaître par-là même l'échec de l'islam comme religion de la responsabilité?

Comment expliquer cette fracture? Comment en sommes-nous arrivés au point que l'islam est devenu la religion du voile? Après l'éradication par les tenants d'une conception exclusivement juridique de l'islam de ce qui a fait la grandeur de cette grande civilisation, le savoir encyclopédique et l'humanisme, la philosophie, la théologie et la mystique, que reste-t-il? Des prédicateurs disciples d'une poignée de «théologiens» réactionnaires, responsables de l'appauvrissement civilisationnel et intellectuel d'une religion devenue prisonnière d'une lecture paranoïaque qui ne retient que les interdits et les obligations. Le voile est vraiment l'illustration par excellence de l'état de délabrement intellectuel, culturel et spirituel dans lequel se trouve la pensée islamique contemporaine.

© La Libre Belgique 2004

Par Alsény
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 9 janvier 2007

 

En Afrique subsaharienne, quatre enfants en âge d'aller à l'école primaire sur dix n'y vont pas, selon un nouveau rapport de l'Institut de statistique de l'UNESCO. Et seule une petite proportion de ceux qui y vont obtiennent un niveau de compétences de base, précise ce rapport. Statistiques de l'éducation 2001 - Rapport régional sur la région subsaharienne de l'Afrique est une vaste étude sur l'éducation en Afrique. Elle fait le point sur la situation de l'éducation dans 49 pays de la région, pour l'année 1998/1999, à tous les niveaux d'enseignement, de la maternelle au troisième cycle.

Les données de ce rapport proviennent des réponses des autorités nationales au questionnaire annuel sur l'éducation émanant de l'Institut, mais aussi d'autres sources internationales comme les Divisions des statistiques et de la population des Nations unies ou la Banque mondiale.

Il en ressort que l'éducation pré-primaire est extrêmement limitée dans la région et ne concerne qu'un enfant sur dix, soit quatre millions d'enfants. La situation varie beaucoup d'un pays à l'autre, 62 % des enfants scolarisés habitant l'Afrique de l'Est ou l'Afrique australe. Les écoles maternelles sont en grande partie privées, s'occupant de plus de 8 enfants scolarisés sur 10.

L'éducation primaire est de toute évidence la priorité pour la plupart des pays d'Afrique subsaharienne, mais l'accès reste un problème essentiel. Selon le rapport, seuls 60 % des enfants de la région en âge d'aller en primaire y étaient effectivement inscrits pendant la période de l'enquête. Ce chiffre recouvre pourtant d'énormes différences d'un pays à l'autre. Au Niger, par exemple, seuls 26 % des enfants de cette classe d'âge allaient à l'école, contre 93 % à l'île Maurice.

Se basant sur ces chiffres, le rapport estime à 38 millions le nombre d'enfants d'Afrique subsaharienne en âge d'aller en primaire mais ne fréquentant pas l'école en 1998. Environ 60 % d'entre eux vivaient dans les pays d'Afrique centrale ou de l'Ouest.

Les données indiquent aussi un taux de redoublement " relativement élevé " dans la région : en moyenne, 17 % des élèves redoublent une classe.

L'enseignement secondaire, souligne le rapport, " demeure peu répandu en Afrique subsaharienne " et on ne dispose pas de données complètes pour tous les pays de la région. Scolarisation tardive et forts taux de redoublement signifient en outre que, dans de nombreux pays, une majorité d'enfants en âge d'aller dans le secondaire sont toujours à l'école primaire. Dans les 21 pays pour lesquels on dispose de chiffres, seuls 19 % en moyenne des jeunes gens de cette classe d'âge sont inscrits dans le secondaire. Dans cinq pays (Burkina Faso, Tchad, Guinée, Mozambique et Niger), ils sont moins de 10 %.

À l'échelon régional, les garçons sont en outre beaucoup plus nombreux que les filles à être inscrits dans le secondaire. Dans certains pays comme le Bénin, le Tchad, la Guinée-Bissau et le Togo, les garçons sont plus de deux fois plus nombreux que les filles dans les classes du secondaire. Il existe cependant des exceptions à cette règle, comme le Botswana, le Lesotho et la Namibie, o? les filles sont majoritaires dans l'enseignement secondaire.

Tous les pays de la région, à l'exception de São Tomé et Principe et des Seychelles, ont au moins une université. L'enseignement supérieur reste cependant " marginal ", avec seulement un million et demi d'inscrits environ (Nigeria exclu, faute de données dans ce domaine). Le rapport signale que de nombreux étudiants - notamment effectuant des études de recherche de haut niveau - doivent partir étudier à l'étranger faute de programmes adaptés dans leur pays. Dans la région, l'éducation et les sciences humaines et sociales sont les disciplines qui accueillent le plus d'étudiants.

Tous pays confondus, la moyenne est de 40 élèves par enseignant dans la région, mais, une fois encore, la situation varie considérablement d'un pays à l'autre. Au Mozambique, en Ouganda, au Tchad, au Mali et au Congo, elle est de plus de 60 élèves. " Il faut souligner, ajoute le rapport, que des moyennes nationales de 60 élèves ou plus par enseignant signifient en fait qu'il peut y avoir dans les pays des enseignants ayant en charge cent élèves ou plus ".

Les enseignants de la région sont généralement peu qualifiés, avec des différences considérables d'un pays à l'autre. Dans les 16 pays ayant fourni des chiffres sur l'éducation pré-primaire, seuls 30 % des maîtres en moyenne ont reçu une quelconque formation. La situation est un peu meilleure dans le primaire, mais de nouveau extrêmement variable. En Guinée équatoriale, 100 % des enseignants du primaire ont reçu un minimum de formation, contre 28 % en Guinée-Bissau. Dans la moitié des 26 pays pour lesquels on dispose de chiffres, 20 % des instituteurs n'ont reçu aucune formation. En maternelle, les femmes représentent 90 % des enseignants, mais seulement 37 % dans le primaire, 31 % dans le secondaire, et 28 % dans le troisième cycle.

Les dépenses totales d'éducation varient de 1 % du PIB en Sierra Léone à plus de 10 % au Zimbabwe (10,1 %) et au Lesotho (13,2 %). L'argent sert essentiellement aux dépenses de fonctionnement - y compris les salaires des enseignants et l'achat de matériel -, et l'enseignement primaire reçoit la part du lion.

Les défis éducatifs posés aux pays d'Afrique subsaharienne sont considérables. La pauvreté, le virus du Sida, la guerre et les conflits civils ainsi qu'une forte croissance démographique constituent des obstacles importants pour tous les gouvernements et populations de la région. Une personne sur trois est en âge d'aller en primaire ou dans le secondaire, contre seulement une sur cinq en Amérique latine et en Asie, et une sur six dans les pays de l'OCDE. " Un accroissement continu et sensible du taux de croissance du PIB semblerait être une condition importante pour améliorer l'accès à l'éducation ", conclut le rapport.

Il identifie en outre un " éventail de priorités fondamentales " pour lesquelles une action résolue pourrait changer la situation : les gouvernements doivent reconnaître le rôle crucial de l'éducation en matière de développement, améliorer les capacités des établissements et du personnel enseignant, élargir l'accès et accroître l'équité tout en améliorant la qualité et l'utilité de l'éducation dispensée.

Par Alsény
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 9 janvier 2007

 

Des centaines d'enfants originaires des régions pauvres de l'Afrique de l'ouest sont envoyés en Europe, par le biais d'organisations criminelles qui bénéficient de la complicité de fonctionnaires corrompus, selon un reportage diffusé jeudi sur la BBC (radio).

La station de radio a mené son enquête sur l'esclavage des enfants à la suite du meurtre de Victoria Climbie, une fillette de huit ans d'origine ivoirienne maltraitée par le couple qui l'hébergeait en Angleterre.

"Nous avons découvert les preuves d'un très large et très lucratif commerce d'enfants-esclaves, a affirmé le programme diffusé de Côte d'Ivoire. Comme Victoria, des centaines d'enfants sont séparés de leurs parents avec la promesse qu'ils auront une vie meilleure en Europe".

"Mais pour beaucoup la réalité est bien différente, continuent les journalistes, ils sont obligés de travailler, ils sont torturés, battus et parfois même subissent des sévices sexuels".

Victoria Climbie a été retrouvée morte en février 2000, pesant moins de 25 kilos et le corps marqué de 128 blessures.

Les parents de la petite fille l'avait envoyée au Royaume-Uni dans l'espoir qu'elle y recevrait une meilleure éducation.

Selon la BBC, quelque 10.000 enfants d'Afrique de l'ouest vivent actuellement en Grande-Bretagne avec des personnes qui ne sont pas de leur famille.

Par Alsény
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

  • : La Cit'ébène de Gbéréiré Bafila
  • guineeconakry
  • : Actualité
  • : J'ai pas peur de ne pas correspondre aux idées que les autres se font de moi.Car ils ne me connaissent pas plusque ma maman qui m'a appris à appréhender toute personne selon son oeuvre. Qu'on me juge alors selon mon oeuvre!!
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus