Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 11:58
Par tradition, on n’aime pas le corps dans l’histoire de la philosophie. Cette méfiance immémoriale semble, de surcroît, privilégier deux appendices qui disent la parenté de l’homme et de l’animal : le nez et le phallus. Afin de conjurer cette animalité, l’Occident a inventé des corps purs et séraphiques mis en forme par des machines à faire des anges : de la castration au mariage bourgeois en passant par toutes les techniques de l’idéal ascétique. Or, pour Michel Onfray, cet état de fait ne saurait durer. Les philosophes doivent souvent leurs intuitions essentielles à des crises qui mettent en jeu la machine corporelle, puissamment ébranlée avant qu’elle ne recouvre l’équilibre en produisant du système. Ce livre se propose d’extorquer aux penseurs quelques aveux drolatiques ou décisifs afin que l’histoire de la philosophie cesse enfin de n’être qu’une histoire de l’esprit. Dans le même temps, il s’agira ici, par-delà la lignée morale qui va de Platon à nos modernes contempteurs du corps, de réhabiliter une pensée hédoniste dont l’époque a plus que jamais besoin : des cyrénaïques aux enragés de Mai 68 en passant par les gnostiques licencieux, les Frères du Libre-Esprit, les libertins érudits et quelques autres dont La Mettrie, qui écrivit aussi en son temps un Art de jouir, Sade ou Fourier. Ce livre esquisse donc une sagesse où le plaisir aura sa part, autant que la désillusion et le sens de la mort. Il voudrait définir à sa façon, loin des dogmes et des bréviaires, une morale enjouée et tragique – celle-là même dont notre avenir a le plus grand besoin.
Par Alsény - Publié dans : L'instinctuel à Bissiry
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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 11:55
Le thème de ces journées était le pouvoir.
Michèle Riot-Sarcey est professeure à l’Université Paris VIII, elle a publié récemment une “ Histoire du féminisme ” aux éditions La Découverte, dans la collection de poche Repères.

Elle commence par expliquer qu’elle n’est pas philosophe mais historienne. Elle dit vouloir interroger le pouvoir depuis une position féministe. De ce point de vue, le problème c’est la domination. Elle pense que ce qui fait problème c’est le pouvoir réel à l’œuvre ainsi que sa reproduction.
Pour Michèle Riot-Sarcey, le rapport homme / femme pose le problème des modèles et des valeurs. L’être au monde est le pouvoir.
Elle commence son argumentation en séparant la puissance et le pouvoir. Le pouvoir c’est le gouvernement, le commandement. La puissance, c’est l’effort de persévérer dans son être. Elle se réfère à Spinoza qui a formulé cette définition. Ensuite, elle dit s’appuyer sur les travaux de Françoise Héritier, qui constate que les femmes sont exclues à la fois de la puissance et du pouvoir.
Elle situe son premier repère historique chez Spinoza, qui parle de la possession des femmes par les hommes, au sens de la propriété. La grande rupture est celle de la fin du XVII° avec la modernité. Elle explique qu’elle ne discutera pas ici la notion de modernité. Elle semble employer ce terme par commodité. Elle note qu’à ce moment là, à la fin du XVII° siècle, il s’est produit une ouverture radicale. Le mode de pensée a changé, mais sans changer les rapports sociaux de sexe. La femme était alors devenue comme les hommes, potentiellement libre. A cette époque, il a fallu réinventer les catégories sociales. Il fallait rendre conciliable la rupture avec une certaine continuité. La liberté était une pensée, cette pensée rendait possible la liberté pratique. Le système de représentation sur la souveraineté avait été bouleversé. Les représentations collectives vont devoir être remise en ordre. Le contenu de ces représentations pour les femmes est simple : les femmes sont mineures et elles doivent le rester.

Pour Michèle Riot-Sarcey, pour comprendre la mise en place du pouvoir réel, il est nécessaire de partir de la combinaison entre le mental et la pratique. Elle dit alors qu’elle va développer trois points pour étudier la relation des femmes au pouvoir :

1 / Le pouvoir de faire et d’agir dénié aux femmes ;
2 / L’impossible du dire pour les femmes ;
3 / La voix des femmes, un “ je ” difficile à faire entendre.

1 / Le pouvoir de faire
Elle pense qu’il faut établir un lien entre la représentation politique dans la vie publique et les représentations collectives intériorisées par les personnes. Pour elle, la démocratie telle qu’elle fonctionne depuis cette date est un problème. Il y a encore des Bastilles à prendre. Les grands principes sont toujours valables. Nous sommes dans un système non contraint, où la place des femmes est un pilier fondamental pour légitimer le pouvoir.
Les femmes ont le même pouvoir que les hommes, si on parle des capacités. L'association en assemblée, pour parler de des affaires de la cité, est une réponse politique et une réponse qui émane des humains eux-mêmes. La différence des sexes est novatrice. Elle est le résultat d’une construction sociale. L’identité des femmes est construite afin de réserver l’espace public aux hommes. Avec la révolution l’idée d’émancipation devient possible à vivre. Michèle Riot-Sarcey note l’importance de cette rupture. Pendant quarante ans l’idée pratique d’émancipation était là. On peut le voir chez Kant, par exemple. Mais il fallait aussi vivre avec le traumatisme de la mort de Dieu. Cette rupture c’est la fin de la légitimation de l’ordre des choses par Dieu. Le langage est d’origine humaine, Herbert le démontre. Comme le dit Foucault, les humains arrivent dans un monde préconstruit. Il est important de prendre en compte cette mutation. La solitude de l’individu/e est un choc mental. C'est une époque où l’on se suicide beaucoup. Les intellectuels découvrent le peuple et la misère et ne savent pas comment aborder ce problème. Le paupérisme est connu, mais comment le penser reste une question non résolue.

Sa première hypothèse est que la parole des femmes existe, malgré cela celle-ci reste inintelligible, il est impossible qu’il soit entendu. Pour comprendre ce phénomène il me semble nécessaire d’étudier comment après la rupture de la révolution la société a essayé de reconstruire le lien social. Pour reconstruire ces liens, la famille a joué un rôle primordial. On a conféré aux femmes la puissance du spirituel. En travaillant sur la domination patriarcale Elle pensait au début qu’il s’agissait seulement de l’aspect naturel, tel qu’on le dit depuis longtemps. Elle dit s'être aperçue que le rôle du spirituel est essentiel. Il y a un double mouvement pour définir la féminité. Il existe, à son avis, deux composantes dans le féminin : la dimension spirituelle et l’assujettissement à la nature, bien connu dans la famille.
Le 19° siècle est celui de la femme religieuse. La multiplication du nombre de saintes et le rôle de la vierge Marie à cette époque dans le catholicisme sont significatifs de tout cela. L’âme des femmes est celle de la vierge magnifiée. Dans ce cadre, le devenir des femmes est à la fois celui de mère et celui de pilier dans la médiation entre les hommes et Dieu. Il faut noter l’importance du modèle qu’a été Thérèse de Lisieux. Celle-ci est très vite devenue une figure de femme célébrée et largement diffusée.
On peut également se référer à Hegel. Il a été l’inventeur de la philosophie de l’histoire. Il a préconisé le retour au passé pour comprendre le présent et agir sur lui. Il revient sur la définition de la liberté, ce concept si important à l’époque. Pour lui, le féminin c’est celui de la sœur, ce qui compte pour les femmes c’est la loi de la famille, l’essence de la femmes c’est l’intérieur.

La femme est assujettie à la fois à la nature et à la spiritualité. Il faut essayer de comprendre comment se sont forgées les représentations collectives du féminin. Toute parole hors du cadre des valeurs dites féminines est incongrue et inaudible, ou n’existe pas. Avec ces valeurs, il y a une assignation des femmes à une fonction précise : la famille et les enfants.
Pour illustrer son propos, Michèle Riot-Sarcey cite le cas de Georges Sand, qui a été violemment attaquée comme l’exemple même à ne pas imiter. Depuis 1848, elle figurait la femme libre. Sa vie et sa liberté étaient devenus un symbole. Elle a été critiquée tout le long de son existence. Il faut savoir qu’à ce moment là l’esprit de liberté court partout.
Rousseau a été la référence pour les révolutionnaires avec son Contrat social et le Discours sur l’origine de l’inégalité, il a mis en forme une partition entre les hommes et les femmes. On peut même dire qu’il est l’inventeur de la modernité pour les femmes.
La recherche d’absolu était assez répandue à cette période. On la trouve en Allemagne, en Angleterre. L’idée et l’esprit de liberté étaient l’horizon. Il s’agissait d’une recherche pour la fabrication de l’homme sans divinité.

Le “ féminin ” est en même temps une méthode efficace et un système absurde d’une grande bêtise par rapport à l’humanité. L’idée du féminin ne va pas de soi à ce moment là. Aujourd’hui, cela va de soi et c’est le résultat de la modernité.
L’impossible de pouvoir faire est lié au problème des représentations. Il n’y a pas d’auteure femme, ce n’est pas possible, et quand cela existe elles sont combattues, comme l'a été Georges Sand. Les femmes dans le travail ce n’est pas envisageable, elles n’y ont pas droit. Les femmes travaillent et de tout temps elles ont travaillé, mais c’est nié. Michèle Riot-Sarcey estime que la parole des femmes est dans la même situation que le “ prolétariat ” qu’il fallait gommer et pour qui il a fallu insister longtemps et avec force pour le faire admettre dans la société, Pour les femmes c’est identique. Tout cela se confirme et converge dans le même sens avec le mouvement industriel. Le mouvement ouvrier s’est construit sans les femmes. Lors de la création de la Première Internationale, il est explicitement dit que les femmes ne doivent pas travailler et ce pour deux raisons : tout d’abord elles font concurrence aux hommes sur le marché du travail et en second lieu c’est déconsidérer les hommes qui n’ont que leurs mains. On constate donc que le cadre de pensée chez les ouvriers et chez les bourgeois est le même.

Au bout de quelque temps on peut observer que l’esprit de liberté est réservé à une élite. La capacité de raisonner avec ses pairs concerne des hommes dans la cité. L’homme politique est celui qui sait, qui est éduqué et qui a le temps. Cette façon d’exercer sa liberté est un modèle fort pour le pouvoir. La famille est synonyme de propriété, y compris pour l’ouvrier. On voit donc que le fait d'avoir du temps libre pour faire de la politique implique de se libérer des tâches domestiques. D’où la revendication d’avoir un salaire suffisamment élevé pour pouvoir faire vivre tous les membres de la famille qui ne travaillent pas.
Michèle Riot-Sarcey pense que l’impossible pouvoir de faire, qui caractérise les femmes, est dû à la puissance symbolique des représentations. La notion de “ femme publique ” est significative de cela. Si les femmes font quelque chose, elles le font par effraction. L’idée du féminin est intériorisée par les femmes et les hommes. En conséquence, l’expression d’une femme ne peut être que celle d’une mère. Le sacrifice de soi est la règle dans les valeurs féminine et la femme se doit de parler et d’agir depuis cette place.

2 / L’impossible pouvoir de dire
Il existe un rapport inégal dans la famille. Depuis le début du 19° siècle, les libéraux comme Guizot, parlent de la raison supérieure du père. Ils sont contre le suffrage universel, parce qu’il faut réserver le pouvoir aux hommes. Le droit est interdit aux mineurs, aux femmes et aux étrangers. Il est reconnu une capacité supérieure à l’homme. Comme la démocratie est une soumission sans contrainte, il faut compter sur le processus éducatif pour juguler la révolte. Il y a eu un élargissement de l’élite avec la révolution mais la femme est considérée comme inférieure et doit le rester. Si les femmes vont au-delà, elles déstabilisent la famille. En 1848, les femmes sont actives et constatent cet écart entre les mots et les choses, dont a parlé Foucault. De quelle universalité on parle ? Les femmes sont interdites de club. Si cela arrive elles sont ridiculisées. Le centre de la famille est la femme. C’est une condition indispensable du fonctionnement social et politique. Mais les règles ainsi définies échappent aux femmes, elles sont définies par les hommes. La pensée est interdite aux femmes.

Il y a un problème d’analyse. De fait, les femmes sont le pilier nécessaire à la philosophie et à la politique, sans elles, les hommes n’auraient pas le temps ni le soutien pour réaliser ces activités tant valorisées. Le droit à la parole publique est refusé aux femmes. Il n’y a pas de femmes dans la rédaction de l’encyclopédie philosophique. Michèle Riot-Sarcey remarque que s’il y a eu si peu de femmes philosophes depuis la révolution, c’est principalement dû au fait qu'elles n’avaient pas droit à l’éducation philosophique comme les garçons. Foucault parle de l’écart entre les mots et les choses au XIX° siècle. Il y a cette découverte que le mouvement s’effectue hors des humains. On arrive dans un monde déjà construit, où les mots ne correspondent pas aux choses. Il y a un problème de pertinence. N’oublions pas que 1848 est qualifié de “ printemps des peuples ”. Les femmes elles-mêmes le disent. La république démocratique et sociale est à l’ordre du jour. La mobilisation est forte. La mise en cause des anciens discours existe partout. Pourtant, à l’issue d’un long combat contre les femmes, le pouvoir est entre les mains des hommes. Les femmes écrivent, leurs textes sont refusés. Notre démocratie est le résultat de cette évolution, C’est l’opinion qui est plus fort que la raison. Les hommes cherchent maintenir leur place prépondérante. Les femmes n’ont pas conscience qu’il se construit ainsi une science du pouvoir contre elles.

Michèle Riot-Sarcey se réfère à Walter Benjamin et à son livre sur les passages, où il se définit comme un chiffonnier de l’histoire. Il essaie de recueillir et de garder les traces de ce qui disparaît avec l’histoire officielle des vainqueurs. L’avis des perdant/es est rejeté et le passage du temps efface tout cela. L’avenir des femmes c’est un devenir d’effacement dans le mouvement de l’histoire. Pour Michèle Riot-Sarcey, il faut étudier l’histoire des femmes comme une histoire tracée dans le devenir de l’histoire contre le mouvement même de l’histoire. Cette histoire est la construction représentative de la place des femmes. On ne comprend pas si on confond le féminisme avec les valeurs attribuées au féminin. Ces représentations agissent avec force et elles sont inconscientes. Hors des représentations collectives des valeurs dites féminines il est impossible de parler pour les femmes. Les femmes parlent la langue avec les valeurs des hommes.
Il faut imaginer une déconstruction et aborder le problème des contraintes qui vont de soi. En nommant Foucault, Michèle Riot-Sarcey affirme, que pour travailler à l’émancipation, il faut se poser la question de ces valeurs inconscientes. Les femmes doivent se poser la question : “ Pourquoi je pense ce que je ne pense pas ? ”.

Elle cite Michèle Ledoeuff (auteure du livre "Le sexe du savoir", éditions Aubier, Paris, 1998) sur la nécessité de comprendre le sens commun. Le sens commun est le sens dominant. Pour Michèle Riot-Sarcey, le problème peut se résumer à la question de savoir pourquoi quand on parle d’un homme public il s’agit d’un homme qui fait de la politique et quand on parle d’une femme publique il s’agit d’une prostituée. Ainsi la moitié de la nation est niée. Elle cite les travaux à paraître de Édith Taïeb sur “ La citoyenne Hubertine Auclert ”.
Ce système s’impose et elle se pose la question de savoir d’où vient la révolte. Elle pense que l’invention du féminin a créé une particularité, qui est une mise à l’écart de l’espace public. Elle estime que l’harmonie entre les sexes dont parle Mona Ouzouff, vision qui présente une histoire harmonieuse n’est pas juste. Dans un autre texte, elle parle explicitement d’une histoire conflictuelle. Pour Michèle Riot-Sarcey, l’histoire est celle de l’effacement des femmes, l’effacement des paroles et des représentations des femmes elles-mêmes.

3 / Un “ Je ” difficile à faire entendre
Michèle Riot-Sarcey estime, comme l’a bien montré Nicole Claude Mathieu, que les femmes sont dans une situation telle que l’on peut caractériser leur position de cette façon “ quand céder n’est pas consentir ”.
Elle explique que lorsque l’on veut être aimé on essaie de correspondre à ce qu’on attend de vous. Le poids des modèles identificatoires est important. Il existe un discours qui attend que l’on soit ainsi. La question alors est celle de savoir ce que veut dire “ qu’est-ce qu’être femme ? ” L’universalité échappe aux femmes. La construction de la catégorie “ femme ”, c’est le genre. La question devient alors : qui parle ?, Est-ce les femmes ? Ou n’est-ce pas plutôt les hommes ?
Michèle Riot-Sarcey cite l’exemple de Cécile Brunswick qui en 1936 devient ministre en admettant les valeurs féminines. Elle parle des travaux de Christine Bars sur la radicalité de Madeleine Pelletier, qui n’a pas choisi cette voie et qui a été complètement oubliée et niée.
Elle remarque qu'au quotidien, il faut faire avec la société. Le rapport au genre humain pose problème. Le devenir femme se fait en fonction des valeurs du “ féminin ”. La formule “ je est un autre ” est pertinente pour les femmes. On les inclut dans la totalité des humains, à condition qu’elles acceptent ce qu’elles ne sont pas. Du point de vue des femmes, il existe une différence entre ce qui doit être dit et ce qu’on pense réellement.
Pour avancer vers l'égalité, Michèle Riot-Sarcey propose aux femmes d’exercer leur capacité critique. Elle se place dans une posture de résistance, tant sur le plan des valeurs dites féminines, que sur le plan de l’espace public. Le féminin étant construit par les hommes, les femmes se demandent comment être ce genre qui leur est assigné ? La correspondance entre le “ je ” et l’être est une difficulté. Michèle Riot-Sarcey pense qu’il faut développer une conscience de la résistance pour aller vers une subjectivation. Le devenir sujet pour les femmes passe par la critique des catégories dans lesquelles elles sont enfermées, cette fameuse féminité. Il y a toujours ce problème de la construction des représentations collectives qui sont intériorisées par les femmes dans leur devenir femme. Penser le pouvoir dans ce cadre, c’est penser la domination. Elle estime qu’il faut exercer la raison critique constamment. Cela vaut pour les femmes et pour les hommes, affirme-t-elle. Les hommes sont eux aussi pris dans ce modèle. Elle énonce alors clairement sa position féministe, féministe radicale.

Elle constate que les tenants de la lutte de classe ont reproduit ces schémas machistes. Le féminisme va l’encontre de tout. Pour Michèle Riot-Sarcey, le féminisme est une utopie de ce temps. L’égalité et la liberté c’est pour toutes et tous. Ces notions sont compatibles avec la différence. Le féminisme est une voie pour que les femmes se sente à l’aise dans leur “ je ”. Le problème de représentations à questionner doit être porté dans tous les domaines de la société. Le féminisme reste une utopie pour l’instant. Pour la mise en cause du pouvoir, il faut aller voir les féministes.
L’utopie c’était le problème de la place dans le devenir. La crise contemporaine est forte, l’avenir possible est devant nous. Elle dit que dans le contexte contemporain, il existe des forces vives qui veulent changer les choses. C'est assez souterrain pour l'instant, mais c'est assez vif et dynamique. Le féminisme vit dans ce mouvement. Thomas More a écrit le mot Utopie dans le trouble de son époque pour dévier l’ordre. L’utopie apparaît quand on n’a pas d’espace dans un monde ordonné.
A une question sur le lien entre critique interne et une critique externe elle répond que le féminisme est une critique pour retrouver ce qui est interne au genre humain, mais une distance critique par rapport aux valeurs actuelles du “ féminin ”. Elle pense que les outils des Lumières, la raison critique, la théorie critique à la manière de l’École de Francfort sont une bonne voie. Elle cite Condorcet :
"[…] les droits des hommes résultent uniquement de ce qu'ils sont des êtres sensibles, capables d'acquérir des idées morales et de raisonner sur des idées. Ainsi les femmes ayant ces mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux. Ou aucun individu de l'espèce humaine n'a de véritables droits, ou tous ont les mêmes ; et celui qui vote contre le droit d'un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès lors abjuré les siens."
Condorcet, Essai sur l'admission des femmes aux droits de cité. Texte écrit en 1790.

Elle aborde à propos des principes et de l’écart entre les mots et les choses la question de la différence entre la parité et l’égalité. Pour Michèle Riot-Sarcey, la parité est un moyen de couvrir l’inégalité. C’est une légalisation de l’égalité impossible. Cette légalisation exclue les femmes de l’universel. Elle plaide pour le droit de cité pour les femmes. Elle pense qu'après la révolution, la morale a remplacé la religion. Pour les femmes on parle toujours de dévouement, de don de soi. Elle rappelle que Nietzsche a dit que “ le refus de soi, c’est le refus de vivre ! ”
Le modèle de Hegel pour l’homme libre c’est la propriété. C’est un mode d’être au monde assez particulier tout de même. Elle cite la critique de la philanthropie que Baudelaire développe dans son poème “ Assommons les pauvres ! ”. Elle lit ce texte comme une critique virulente de ce qui se passe à ce moment là.
La parole publique des femmes est une parole bloquée. Elle revient une seconde fois sur la figure de Walter Benjamin pour dire que, comme lui, il faut être attentif aux mots. Elle estime que le système représentatif est en cause, à la fois au niveau des mots et au niveau politique. Les femmes doivent prendre la parole et développer la critique du pouvoir.
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La discussion a continué après mon départ. L’heure m’imposait un changement de situation.
Notes personnelles :
Dans la salle il y a avait une majorité de femmes. Beaucoup d’hommes sont partis quand elle a annoncé qu’elle était féministe radicale. La philosophie sérieuse et masculine ne doit pas être compatible avec le féminisme. Enfin pour ma part, j’ai beaucoup apprécié son intervention.

Philippe Coutant Nantes le 10 Février 2003


Ce texte est un essai de compte-rendu de l'intervention de Michèle Riot-Sarcey lors des Escales Philosophiques de Nantes 2003, le Dimanche 2 Février 2003, au Lieu Unique.


Le lien pour le poème de Baudelaire http://www.poetes.com/baud/BAssomm.htm


Des textes de Michèle Riot-Sarcey :

Le réel de l'utopie, l'Utopie et le réel : "Le réel de l'utopie"

Retour critique : "Retour critique"

Le féminisme est toujours une utopie : " Le féminisme est toujours une utopie "

Le féminisme, une utopie ? : "Le féminisme, une utopie ?"
Par Alsény - Publié dans : L'instinctuel à Bissiry
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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 11:45
/ Le constat :

Les femmes prennent moins la parole que les hommes dans les assemblées publiques ou militantes. La solution peut sembler simple : il suffit qu’elles apprennent à le faire et gagnent en confiance en elles et qu’elles s’affirment. Des formations proposent ce type de démarche.

“ Confiance et affirmation de soi pour répondre à l’agressivité.
Comment se faire entendre, comment maîtriser ses sentiments, comment prendre la parole devant un auditoire, comment répondre aux questions inattendues. Des techniques et des méthodes existent. Cette formation vous permettra d’aborder de nombreuses situations professionnelles ou personnelles dans les meilleures conditions.

Maîtrise de l’écrit pour mieux communiquer.
La maîtrise de l’écrit est un atout majeur pour transmettre ses idées, que ce soit par écrit ou oralement. En quelques heures seulement, vous serez à même de structurer et de présenter une communication (discours, note, mémento) et de prendre des notes avec efficacité. ”
Extrait d’une présentation d’une formation payante.

Outre le fait que nous pouvons certainement organiser cela nous-mêmes, nous ne pouvons pas occulter qu’il s’agit d’un effet de la domination des hommes sur les femmes.

“ À propos du concept de domination, ne pourrait-on dire qu’il y a une dimension de pouvoir qui n’existe pas dans la question des inégalités ? Pour le dire autrement, les femmes aujourd’hui, subissent de très fortes inégalités ,mais remettent fortement en cause - au moins partiellement - la domination au sens prise de pouvoir dont elles se sentent l’objet, qu’il se soit exprimé par l’exclusion pure et simple (du droit de vote, de certaines filières de formation et d’emploi), par la minorisation ou par le fait de ne pas prendre la parole soi-même. ”
Extrait d’un texte où est abordée la question de la domination constamment renouvelée.

Nous pouvons savoir que la domination machiste est sociale et qu’elle est installée au niveau intime de chaque humain. En conséquence, nous savons que pour avancer, il faut à la fois agir collectivement en public et faire un travail personnel.

II / Les représentations sociales.

Les représentations sociales sont fondamentales. Leur intériorisation va de pair avec leur invisibilité.
En questionnant les rôles, les modèles, il est possible de déconstruire les images identificatoires :
Les exemples les plus connus : femme = mère : chargée de la cuisine et des enfants, femme = objet sexuel : les femmes dans la publicité, etc...
Le tableau ci-dessous consigne quelques-unes de ces oppositions :

Masculin
Féminin
Actif
Passif
Fort
Faible
Extérieur
Intérieur
Public
Privé
Sexuel
Romantique Sentimental
Etc …
Etc …

Le genre (le sexe social) est une construction sociale, ce formatage entre en concordance avec la structuration psychique individuelle. Celle-ci agit en partie de façon inconsciente. C’est au niveau intime que nous sommes devenu/es “ femme ” ou “ homme ”.
Les femmes ont tendance à se sous-estimer. Elles n’ont pas forcément confiance en elles. L’habitus social de la domination machiste fait que, dans la sphère publique, elles prennent souvent en main les tâches passives, ou peu valorisées, beaucoup font le secrétariat, par exemple.

III / Quelques méthodes utilisées pour inférioriser les femmes :

Ulrika Eklund, dans le cadre de son travail de formatrice, en relève quelques-unes :

§ Rendre l’autre invisible,

§ Rendre l’autre ridicule,

§ Faire de la rétention d’informations ,

§ Afficher une indifférence permanente,

§ Accabler l’autre de culpabilité et de honte.

Extrait du site COYOTE 2 Jeunesse-Formation-Europe, numéro 2 (Mai 2000)
http ://www.training-youth.net/coyote02/french/egalite.htm
Ecrit par Ulrika Eklund Bergsgatan Stockholm, Suède, ulrika.eklund@telia.com
Ou sur EgaliteFemmeHom.html

Le texte sur la “ langue macho ” recense ces méthodes , certains points sont identiques aux précédents :

§ Jouer au “ solutionneur ” de problèmes :

Être toujours celui qui donne la réponse ou la “ solution ” ”, avant que les autres n’aient eu quelque opportunité de contribuer à l’échange.

§ Monopoliser le crachoir :

Parler trop souvent, trop longtemps et trop fort.

§ Parler en “ majuscules ” :

Présenter ses opinions et ses solutions comme le point final sur tout sujet, attitude renforcée par le ton de la voix et l’attitude physique.

§ Attitude de combat :

Répondre à toute opinion contraire à la sienne, comme s’il s’agissait d’une attaque personnelle.

§ Couper les cheveux en quatre :

Soulever chaque imperfection des interventions des autres et une exception à chaque généralité énoncée.

§ Diriger la scène :

Prendre continuellement la responsabilité des tâches clés avant que les autres n’aient la chance de se porter volontaires.

§ Reformuler :

Reprendre en ses propres mots ce qu’une personne (le plus souvent une femme) vient de dire de façon parfaitement claire. Embarquer sur la conclusion d’une intervention pour la récupérer à ses propres fins (phénomène du “ recouvrement ”).

§ Chercher les feux de la rampe :

Se servir de toutes sortes de stratagèmes, de mises en scène, pour attirer un maximum d’attention sur soi, ses idées, etc.

§ Rabaisser :

Commencer ses phrases avec des effets du genre : “ auparavant je croyais cela, mais maintenant... ” ou “ comment peux-tu en venir à dire que... ”

§ Parler pour les autres :

Faire de ses opinions la voix d’une collectivité pour leur donner plus de poids : “ beaucoup d’entre nous pensons que... ”. Interpréter à ses fins ce que disent les autres : “ ce qu’elle veut dire, en fait, c’est que ... ”

§ Faire du “ forcing ” :

Imposer comme seuls valables la tâche et le contenu, en éloignant le groupe de l’éducation de chacun-e, ainsi que d’une attention au processus de travail collectif et à la forme des productions.

§ Déplacer la question :

Ramener le sujet de la discussion à quelque thème que l’on maîtrise, de façon à briller en donnant libre cours à ses dadas.

§ Négativisme :

Trouver quelque chose d’incorrect ou de problématique à tout sujet ou projet abordé.

§ N’écouter que soi :

Formuler mentalement une réponse dès les premières phrases de la personne qui parle, ne plus écouter à partir de ce moment et prendre la parole à la première occasion.

§ Intransigeance et dogmatisme :

Affirmer une position finale, sur un ton indiscutable, même à propos de sujets mineurs.

§ Jouer à la hiérarchie :

S’accrocher à des positions de pouvoir formelles et leur donner plus d’importance qu’il ne faut.

§ Éviter toute émotion :

Intellectualiser, blaguer ou opposer une résistance passive lorsque vient le temps d’échanger des sentiments personnels.

§ Condescendance et paternalisme :
Infantiliser les femmes et les nouveaux arrivants. phrase typique : “ maintenant, est-ce qu’une des femmes a quelque chose à ajouter ? ”

§ Draguer :

Traiter les femmes avec séduction, se servir de la sexualité pour les manipuler. humour ambigu, pro-féminisme de façade.

§ Jouer au coq :

Aller chercher l’attention et le soutien des femmes en entrant en compétition avec les hommes face à elles.

§ Tendance à l’instrumentalisation très développée :

Concentrer jalousement les informations clés du groupe entre ses mains pour son propre usage et profit.

L’origine de ce texte : “ La langue "macho" par "Overcoming Masculine Oppression in Mixed Groups" Paru en 1977 dans WIN Magazine ("Workshops in Nonviolence"), il est attribué à Bill Moyer et Alan Tuttle, des activistes pacifistes de Philadelphie. Il sera ensuite publié à plusieurs reprises, notamment dans le "Civil Disobedience Campaign Handbood" (NYC), et "Off Their Backs--understanding & fighting sexism : A call to men overcoming masculine oppression in mixed groups".

Sa version québécoise est l'oeuvre de Philippe Duhamel et de Martin Dufresne, du Collectif masculin contre le sexisme.
Texte trouvé sur la page : <http ://www.avarap06.org/article.php3?id_article=57>
Elle est présente sur <Languemacho.html>

IV / Les moyens que l’on peut mettre en œuvre dans toute la société :

Il est nécessaire de développer la notion de “ genre social ” pour le rendre visible et faire en sorte que ce concept devienne banal.
Nous pouvons donc essayer de rendre visibles les femmes, de mettre en lumière publiquement la domination des femmes.
Nous sommes capables de faire un travail afin pour rendre évident les implicites intériorisés de la domination machiste.

Féminiser les textes est une solution, que tout le monde peut mettre en œuvre. Il existe plusieurs façons de le faire. La langue est un enjeu important dans le fonctionnement de la domination masculine.

En employant le mot “ personne ” ou “ humain ” pour parler de tous les humains, nous ne parlons plus seulement des hommes. Nous devons voir l’importance symbolique liée à ces changements.

Nous pouvons amener les hommes à remarquer la banalité de leur domination dans leurs comportements, leurs attitudes et leurs mots.
Pour ne plus reproduire une des bases du pouvoir machiste, on peut diffuser l’information et toute l’information aux femmes.
Ne pas prendre la parole au nom des autres, en particulier des femmes, est une marque de respect, qui permet de ne plus occulter leur existence,
Etc …

V / Quelques éléments pour notre militance.


Le problème se pose dans notre vie militante pour deux raisons, au moins, qui sont la conséquence de la domination machiste. La parole des femmes est un “ je ” difficile à faire entendre, comme le dit Michèle Riot-Sarcey. Un certain nombre d’hommes prennent la parole facilement en public. L’absence de tour de parole favorise les plus forts, c’est-à-dire les hommes. Le texte sur “ La jungle des militants prophètes ” le décrit très bien. Avoir ces exigences n’est pas insurmontable. Cela demande un effort, il faut sans doute avoir une attitude volontariste pour inverser la tendance.

Nous pouvons essayer d’arriver à la parité dans les postes de responsabilité et dans la maîtrise des techniques utilisées pour militer.
Nous devons réfléchir à des systèmes préférentiels pour encourager les femmes à prendre la parole, à la mise en œuvre de méthodes de discriminations positives.

Il est possible d’organiser le tour de parole, afin que les personnes membres des groupes dominés puissent s’exprimer correctement. Il est nécessaire de donner le temps à ces personnes de parler, même si cela est plus long que d’habitude. Nous pouvons mettre en place une modération, qui donne la parole aux femmes avant les hommes. Nous devons accorder une priorité de parole aux femmes. À terme, nous prendrons l’habitude d’instaurer une modération qui veille à cela. Il faut le dire et le redire ... Une fois que des progrès ont été faits, il sera possible de donner la parole en alternance homme / femme.

Nous devons veiller à ne pas couper la parole, une façon de faire, qui est une violence machiste banale.
Pour ne plus nier leur présence, il est important de ne pas parler à la place des femmes.

Nous devons encourager les personnes en situation de domination à apprendre à s’exprimer, à classer leurs idées, à argumenter, à s’entraîner et à faire des évaluations pour voir comment tout cela progresse.
Etc ….

VI / Les groupes non mixtes, une nécessité à soutenir.


Contre l’infériorité, la peur, la soumission... la parole des femmes doit pouvoir s’exprimer dans des groupes de femmes. L’existence d’espaces non-mixtes est une des conditions de la lutte féministe.

Il est possible d’utiliser le théâtre-forum, comme le Théâtre de l’Opprimé, pour apprendre à avoir confiance en soi et à prendre la parole en public.
Nous devons favoriser la création et le fonctionnement des réseaux de femmes pour que l’expression féministe devienne plus forte et plus facile.

VII / Nous pouvons reprendre certaines méthodes proposées en Amérique du Nord.

Voici quelques façons concrètes proposées pour prendre nos responsabilités, pour sortir de la “langue macho ” du sexisme ordinaire.

§ N’interrompre personne :
On a remarqué que dans un groupe mixte, près de 100% des interruptions étaient le fait des hommes. Un bon exercice à tenter est de se donner une pause de quelques secondes entre chaque intervention.

§ Offrir une bonne écoute :

Il est aussi important de bien écouter que de bien parler, autrement autant parler tout seul chez soi. Bien écouter ne signifie pas qu’il faille se retirer lorsqu’on ne parle pas. Au contraire, écouter attentivement est aussi une forme de participation.

§ Recevoir et donner du soutien :

L’entraide est essentielle dans un groupe où certaines personnes cherchent à reconnaître et à mettre fin à leurs “formes [patterns] de contrôle des autres ”. Chacun des membres du groupe doit prendre ses responsabilités en ce sens afin d’éviter que ce ne soit toujours le rôle des femmes. Cette prise en charge permettra aussi aux femmes de sortir de leur rôle traditionnel, qui les forces généralement à prendre soin des besoins des hommes en ignorant les leurs.

§ Cesser de parler en réponses / solutions :

On peut communiquer ses opinions et ses idées de façon convaincue, mais non-compétitive face à celles des autres. On n’est pas obligé de parler de tous les sujets, ni d’exprimer chacune des idées qui nous viennent, surtout en grand groupe.

§ Ne rabaisser personne :

Apprendre à se surveiller pour s’arrêter au moment, où on s’apprête à attaquer quelqu’un-e. Se demander, par exemple : “ Qu’est-ce que je ressens exactement ? Pourquoi est-ce que je ferais cela ? De quoi ai-je vraiment besoin ? Qu’est-ce qui profitera le mieux au groupe ? ”.

§ Détendre l’atmosphère, rester cool, relax :

Le groupe peut très bien se passer de nos petites attaques d’anxiété. Il s’en portera d’autant mieux.

§ Interrompre les schémas d’oppression :

Il appartient à chacun(e) de nous de prendre dès maintenant la responsabilité d’interrompre, chez un collègue ou un ami, un comportement d’oppression qui nuit aux autres et qui paralyse le propre développement de cette personne. Ce n’est pas de l’amitié que de permettre à qui que ce soit de dominer ceux et celles qui l’entourent. Apprenons à ajouter un peu de franchise et d’exigence à nos rapports d’amitié. ”

La source de ce texte : <http ://www.avarap06.org/article.php3?id_article=57>
ou <Languemacho.html>

VII / Savoir que la vigilance est nécessaire.

Les acquis sont toujours fragiles, ils peuvent être remis en cause, la notion de “backlash” en rend compte (cf. le livre de Susan Faludi “Backlash” publié aux Editions des Femmes en 1993, avec comme sous-titre “La guerre froide contre les femmes”).Le terme “ backlash ” vient des USA, il veut dire “ revanche ”, c’est la réaction machiste, qui attaque les femmes et les féministes en particulier.

La reproduction de la domination fonctionne de façon permanente. Il faut donc reprendre sans cesse cette lutte contre la domination machiste. Elle n’est jamais achevée et il est possible qu’elle ne le soit jamais.


Ce document a été réalisé à la demande de Marilyne Anatole, qui constate la difficulté à parler des femmes dans les réunions de la CNT 44. Ce constat est valable pour beaucoup de lieux militants. Ce texte peut être accompagné d’annexes, qui donnent quelques explications sur la façon dont les femmes sont dominées et comment certaines pistes sont proposées pour essayer de faire évoluer la situation.

Philippe Coutant, Nantes le 31 Octobre 2003


Ce texte est paru dans la revue de la CNT Vignoles "Les Temps Maudits" n° 18.

Il a servi de base à un debat lors d'une formation interne de la CNT 44 fin Février 2004

Par Alsény - Publié dans : De l'amour/du couple/de la sexualité
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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 11:33

Condamnés à gagner, les Catalans ont dominé le Werder Brême au Camp Nou (2-0). Un succès obtenu avec difficulté face à des Allemands offensifs mais maladroits. Le Werder est reversé en 16e de finale de la Coupe de l'UEFA. Pour le Barça, l'aventure en Ligue des Champions continue.

FC BARCELONE - WERDER BREME : 2-0
Buts : Ronaldinho (13e), Gudjohnsen (18e)

Ronaldinho avait promis de sortir un grand match face au Werder Brême. Sublime face à Villarreal il y a de cela deux semaines, le Ballon d'Or 2005 n'a pas menti. Mieux, l'international brésilien a été le principal initiateur de la qualification des siens ce soir aux dépens du Werder Brême en débloquant le score d'un coup franc sournois pour la défense allemande. Ajoutez à cela un deuxième but signé Gudjohnsen et le compte est bon : deux zéro, qualification du Barça pour le tour suivant. Voilà pour l'essentiel. Mais que les Catalans ne se leurrent pas. S'ils ont su retrouver le niveau de jeu qui leur avait permis de dominer l'Europe l'an passé, les hommes de Rijkaard sont encore aujourd'hui incapables de maintenir une rigueur totale durant 90 minutes. Absent en première période, étouffant en seconde, le Werder Brême méritait mieux, beaucoup mieux. Mais le mérite ne pèse pas bien lourd face à la vista et au métier des plus grands. Deux qualités que le tenant du titre a su exploiter, avec la réussite qu'on lui connaît.

Première période : Ronnie-Giuly, duo de folie

Visages contractés, regards fixes, ce sont des Barcelonais conscients de l'ampleur de la tâche qui les attendent qui foulent la pelouse du Camp Nou. Les tenants du titre, aussi crispés que leur public, font très vite monter la température au sein du stade catalan. Ronaldinho et Giuly se trouvent les yeux fermés et la transversale du premier pour un centre du second manque d'être bonifié en but par Gudjohnsen mais ce dernier est trop court (4e). Le Werder n'a pas le temps de reprendre ses esprits que Giuly, profitant d''un mauvais renvoi sur corner de la défense adverse, oblige Wiese à une superbe détente le long de sa ligne (10e).

Le Barça fait parler la poudre et les Allemands, peu réputés pour la solidité de leur défense, finissent logiquement par craquer. D'abord sur un coup franc direct de Ronaldinho, frappé inhabituellement à ras de terre par le Brésilien et qui abuse complètement le mur brêmois (13e, 1-0). Ensuite, sur une nouvelle combinaison flanc gauche-flanc droit entre Ronnie et Giuly qui accouche cette fois d'un caviar que Gudjohnsen ne manque pas (18e, 2-0). Assommé, le leader de la Bundesliga pourra, quelques minutes plus tard, brûler un cierge auprès de l'église la plus proche. Bien servi par Deco, Gudjohnsen donne le tournis à la défense adverse mais bute sur le poteau gauche de Wiese. Derrière, seul et face au but vide, Giuly manque le cadre (35e).

Seconde période : le Werder malchanceux

KO le Werder ? Non. Naldo sur coup franc (43e) se charge juste avant la mi-temps de rappeler aux locaux que sa formation est faite pour marquer des buts. Et l'avertissement du défenseur brésilien prend toute sa dimension lors du second acte. Conscients d'être passés à côté de leur sujet en première période, les Brêmois confisquent le cuir à des Blaugrana bizarrement laxistes. Boroswki (45e) puis Klose (54e) donnent le tournis à l'arrière-garde catalane mais n'inquiètent pas vraiment Victor Valdes. Le bloc barcelonais se lézarde au fil des minutes et Gudjohnsen manque le but du chaos, but qui aurait soulagé définitivement les siens (56e).

Car derrière, le reste de la rencontre est à mettre à l'actif du Werder. Les Catalans ont cru trop vite avoir fait l'essentiel et il s'en faut de peu pour que la roue de la chance change de braquet. Victor Valdes apprécie mal une frappe lointaine d'Almeida et peu remercier sa barre transversale (60e) quand ce n'est pas Thuram qui ôte une balle de but dans les pieds de Klasnic (90e). Malgré une tactique tournée vers l'attaque totale, le Werder ne fait pas craquer la défense du Barça. Pis, les Brêmois auraient pu concéder un troisième but mais Giuly, étincelant en première période, n'a plus la lucidité suffisante pour tromper Wiese (81e). Le Werder, auteur de 21 frappes dans ce match, paie au prix fort sa terrible absence du début de partie. Les Allemands rejoignent gonflés les rangs des qualifiés pour les seizièmes de finale de la Coupe de l'UEFA. Maigre consolation au vu du jeu affiche en phase de poules. Le Barça, lui, peut respirer : le tenant du titre va pouvoir continuer à défendre son bien. Mais en février, il faudra être plus constant. Car il n'est pas certain que le prochain adversaire des Blaugrana manque autant de réussite.

LA DECLA : Deco (milieu de terrain de Barcelone)

"L'objectif était de passer et de bien jouer. Nous devions débuter très fort. C'est ce que nous avons fait. On a marqué deux buts rapidement. En seconde période on a défendu un peu plus, ce qui est normal comme on avait l'avantage au score. Nous ne sommes pas des robots. On ne peut pas toujours attaquer pendant 90 minutes."

Eurosport - Alix DULAC 

Par Alsény - Publié dans : Du sport/des jeux
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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 11:29

Un petit but a suffit à l'AS Rome pour obtenir son ticket pour les huitièmes de finale de la compétition face à une équipe de Valence sans aucune motivation (1-0). Les Romains n'ont pas eu et n'ont pas voulu forcer leur talent pour assurer l'essentiel face aux leaders du Groupe D.

AS ROME - VALENCE : 1-0
Buts : Panucci (13e)

La montagne romaine s'annonçait difficile à franchir pour une formation catalane décimée par les blessures et qui restait sur six matches sans victoire. Mais plus que les absents, c'est le manque de volonté et de motivation espagnole qui a facilité la tâche des hommes de Luciano Spalletti. Un match poussif, peu d'implication d'un côté comme de l'autre, mieux vaut ne retenir que la victoire, à défaut du spectacle...

Première période : La Roma assure l'essentiel

Face à une équipe catalane presque totalement remaniée du fait des blessures à répétition, la Roma n'a guère de mal à dominer les débats à peine le coup d'envoi sifflé. Le portier français, Ludovic Butelle gagne d'ailleurs son duel face à Vucinic après seulement quelques secondes de jeu (1e). La machine italienne est bien lancée, croit-on un instant. Mais il faut en fait attendre près d'un quart d'heure pour revoir les Romains dans la surface adverse. Adeptes du rendement maximum pour un investissement maximum, les hommes de Luciano Spalletti ne font pas le voyage pour rien... Les Romains obtiennent un excellent coup-franc côté gauche, tiré au second poteau pour Philippe Mexès qui remise de la tête devant le but de Butelle. Panucci, totalement seul devant le but vide, n'a plus qu'à faire trembler les filets de la tête (1-0, 13e).

Un petit but qui suffit largement au bonheur des Italiens d'autant plus qu'aucun vent de révolte ne vient souffler dans les rangs des jeunes Valencians. Les joueurs de la Roma font tourner, tentent quelques incursions dans le camp adverse mais n'éprouvent pas vraiment le talent du portier adverse si ce n'est sur ce centre de Mancini que Butelle est obligé de repousser devant les attaquants romains (38e). Dans les cinq dernières minutes, les Catalans retrouvent tout de même le chemin qui conduit les buts adverses et se réveillent. Mais seule la frappe puissante du gauche de Joaquin, accompagnée en sortie de but par Doni fait trembler le public romain (44e).

Deuxième période : La Roma gère, Valence s'endort

Tout le monde semble si satisfait du score affiché que personne ne semble prêt à accélérer pour prendre l'adversaire à revers. Les Romains gèrent bien leur avance, homogènes en défense. Mais à vouloir jouer la facilité, le dilettantisme les guettent comme sur cette contre-attaque menée tambour-battant par les Espagnols où Jorge Lopez accélère côté gauche avant de centrer au premier poteau pour Insa. L'attaquant catalan est dos au but et n'arrive pas à donner assez de puissance à sa talonnade pour prendre Doni, bien placé, à revers (61e). Mais c'est bien l'une des seules actions dangereuses que le public romain peut se mettre sous la dent durant la seconde période...

Toujours aussi insipide, la rencontre s'emballe légèrement dans le dernier quart d'heure sous l'impulsion des jeunes Valencians (enfin) décidés à montrer à leur entraîneur toutes leurs valeurs. Hugo Viana oblige ainsi Philippe Mexès - par ailleurs irréprochable tout au long de la rencontre - à dégager sa frappe puissante en corner (80e). Mais ce sont finalement les Romains qui réussissent la première - et seule - frappe cadrée des 45 dernières minutes. De l'entrée de la surface, Mancini lance un véritable missile du gauche que l'excellent Butelle dégage une nouvelle fois en corner (86e). Il faut s'arrêter au sommet de son art dit-on, les deux formations décident donc de ne plus frapper au but après ce dernier tir italien, satisfaites de l'issue de cette rencontre dont il ne faudra retenir que la qualification de l'AS Roma...

Les Italiens ont en effet assuré l'essentiel avec cette courte victoire et arrachent le dernier ticket pour les huitièmes de finale de la compétition. Après son match nul en Grèce, face à l'Olympiakos (1-1), le Shakhtar Donetsk se console avec l'UEFA.

Eurosport

Par Alsény - Publié dans : Du sport/des jeux
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