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Lundi 11 décembre 2006
Les querelles de clan, avec les rivalités de couloir, les phrases assassinent, les dénigrements d’autrui et les sous-entendus sournois : ainsi se porte actuellement la presse électronique guinéenne. Au moment où la Guinée désir un grand changement, il est consternant de voir des intellectuels se comporter sur la toile comme des gamins dans une cour de recréation.

A rappeler que ces derniers jours ont été chauds bouillants d’attaques et de contre-attaques répétitives, résolument creuses, fondamentalement inutiles en ce qui concerne l’objet qui met en branle les auteurs de la dis******.

En effet, je pense que l’idée que d’aucuns se font de Sydia Touré est plutôt une somme de subjectivités et de mauvaise foi, des avis reçus et non vérifiés qui ne collent nullement à la personnalité de l’Homme. Cette falsification de l’image de l’économiste à la quelle certains guinéens se donnent actuellement est sans doute due pour une part, à la jalousie que son talent, son humilité et sa beauté suscitent. D’autre part, ces jugements déformés sont l’œuvre aujourd’hui de certains qui redoutent l’immensité de la popularité et son influence qui est indéniable sur la scène politique guinéenne.

Dans les temps, pas si lointains qu’en 1996, dont j’étudiais encore, temps maussades où les dirigeants guinéens étaient déboussolés, pour leur grande majorité, complètement impuissants face aux difficultés économiques que traversait le pays. Sydia Touré arrivait à la tête du gouvernement guinéen en plein cataclysme national, l’envolée des prix des produits de base avait bouleversé les flux traditionnels des marchés locaux, l’équilibre de notre balance de paiements était menacé, les sinistres économiques augmentaient chaque année d’une manière inquiétante. Il fallait réagir au plus vite. C’est dans ce climat de crise que le «Général-roi Conté » choisit de privilégier les grandes décisions ; Sydia Touré a été celui vers qui sa confiance s’est portée pour le sauvetage du pays. Et depuis il est celui vers qui chaque guinéen se tourne parce qu’il possède toutes les aptitudes d’un homme d’Etat.

Faut-il encore le démontrer ??

Quand on imagine ce qu’était l’inflation dans la quelle notre économie baignait, la « corruption contagieuse » qui martelait notre administration, la « prostitution politique » qu’affichait notre Etat avant qu’il prit la commande de la primature et quel rajeunissement la Guinée a subi depuis les premières heures de son service, il y a lieu de reconnaître l’œuvre de l’homme. Jamais un ministre ne fut plus légitime, plus naturel, plus acclamé par la reconnaissance de la jeunesse, plus confirmé par la puissance et l’audace de ses méthodes de lutte contre la corruption, plus aimé des femmes par la rigueur de ses traits physiques, plus respecté des hommes par son talent et son humilité, bref il fait incontestablement l’unanimité. L’espoir crée par Sydia se continue encore aujourd’hui sous nos yeux, quand on imagine ce que la scène politique guinéenne aurait été s’il n’était pas venu, combien de sentiments profonds ont été exprimés qui seraient restés muets, combien d’intelligences il a accouchées seraient restées perdues, combien de jeunes qui ont rayonné, sans lui qui seraient restés obscurs, il est impossible de ne pas le considérer comme l’une des intelligences les plus talentueuses du moment, un des technocrates les plus en vues, qui force, dans l’ordre économique, le respect de tous, comme d’autres dans l’ordre moral (El Hadji Boubacar Biro Diallo ou l’Imam Salif Camara… par exemple) et d’autres encore dans l’ordre militaire (tels le Général Sory Doumbouya ou le lieutenant colonel Jean Traoré…). Il ne coûtera à personne d’admettre tout cela, excepté ceux pour qui le mérite n’est pas une priorité.

Je ne puis parler ici de ses facultés profondément humaines que d’une manière abrégée ou d’ailleurs pas, parce que je ne le connais encore qu’à distance. Sans doute, en plusieurs autres domaines et selon ma propre appréhension certes distante, je ne ferai que reconnaître d’excellentes choses qui ont été dites, vérifiées et qui sont vraiment ses œuvres a lui.
Actuellement, avec certains écrits dont l’objectivité reste à désirer, un peu irrespectueux ; peut être suis-je bien placé aujourd’hui de nier toutes ces impressions négatives qui ternie l’image de Sidya.

Jamais dans l’histoire de la Guinée, la politique d’un ministre n’a été autant cohérent et réussi, jamais un ministre n’a autant exposé aux guinéens ses vraies motivations et expliqué les moyens réels lui permettant de réussir son programme. On connaît la suite, pourquoi nier l’évidence ?!?!?!

Pour une énième fois je suis en parfaite adéquation avec Ibro Diabaté qui chante sagement que « reconnaître la grandeur, le talent et le charisme de l’autre n’enlève en rien à notre capacité ». Donc reconnaissons à Sydia, pour ce qu’il a pu prouvé, l’un des économistes africains les plus doués, le plus visiblement efficace des ministres de la deuxième république. Son bilan à la primature, positif dirai-je, devrait être reconnu par tous, de quelque coté que nous nous trouvions, quelque soit la cause que nous défendions, quelque soit le leader politique avec/pour qui nous travaillions.

Pourquoi ne pas reconnaître, comme disent les soussous que « le chimpanzé est finalement plus gros que le singe » ?

Je crois qu’il est temps pour les guinéens avec une dose d’intelligence démocratique, un fragment d’objectivité analytique, une pincette de conscience patriotique, de poser les choses honnêtement et de s’attaquer aux vraies racines du mal qui viol notre nation et non de s’insulter outrageusement sur des critères qui soient totalement subjectifs autour d’une personne qui a efficacement servi la Guinée.

Je ne doute nullement de leurs plumes, de la férocité littéraire de leurs écrits respectifs, de l’immense ingéniosité qu’ils font valoir, de la turbulence intellectuelle de Ben Pepito et de Mohamed Bangoura « Tatema », mais je crois que les guinéens ont aujourd’hui besoin d’un autre débat qui ne soit pas forcement superficiel.

Arrêtez, et donnons les solutions aux problèmes de notre Guinée à la quelle nous devons beaucoup, pour que nous soyons de plus en plus fiers d’elle.

Il faut reconnaître parallèlement que la seule « fébrilité politique » de Sydia est qu’il ne connaît pas assez la Guinée et les guinéens. Il n’est plus à démontrer que toute personne qui prétend diriger la Guinée, il ne se reste seulement pour une heure, doit impérativement lire les guinéens à la racine, du moins socialement et culturellement. S’il tient encore à investir Sekhoutoureya, il lui faut rattraper ce retard en partant à la rencontre des guinéens jusque dans les faubourgs les plus reculés du pays.

Voila personnellement ce que je pense de Sydia Touré !!


Monsieur Soumah Alseny
Juriste, président fondateur du MEDI-SE
Membre de la rédaction de Guinea-forum
Contact : onealseny@hotmail.fr
Par Alsény - Publié dans : La Guinée/l'Afrique
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Mercredi 6 décembre 2006

L'armée ougandaise a imputé les tueries de mercredi aux rebelles ougandais de l'Armée de libération du Seigneur.

 

Les rebelles ougandais de l'Armée de libération du Seigneur (LRA) ont nié vendredi 20 octobre avoir massacré une quarantaine de civils lors d'une série d'attaques dans le sud du Soudan.
Selon les autorités du Sud-Soudan, des inconnus ont abattu 38 civils mercredi entre Juba, principale ville de la région, et la rive orientale du Nil, où les insurgés de la LRA disposent de bases arrière.
L'armée ougandaise a imputé ces tueries à la LRA, ce que réfute leur chef militaire local, Caeser Acelam, qui, joint par téléphone satellitaire, a accusé à son tour l'armée gouvernementale de son pays.
"La LRA n'attaque pas les civils au Sud-Soudan. Si ces raids ont bien eu lieu, ils sont plutôt le fait de l'armée ougandaise stationnée autour de Juba".
A Kampala, le porte-parole de l'armée a rejeté à son tour ces accusations.

Soutien du gouvernement central


Les autorités régionales du Sud-Soudan accueillent des pourparlers de paix entre le gouvernement ougandais et la rébellion de la LRA, une secte politico-religieuse dont l'insurrection qui a tué des dizaines de milliers de personnes et déplacé 1,7 million d'habitants du nord de l'Ouganda.
La LRA bénéficiait jusqu'à récemment du soutien du gouvernement central de Khartoum.
Par Alsény - Publié dans : La Guinée/l'Afrique
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Mercredi 6 décembre 2006

Le président est le vainqueur de la première élection présidentielle organisée en République démocratique du Congo depuis plus de 40 ans.

 

JOSEPH KABILA, DE LA GUÉRILLA À L'ONCTION DÉMOCRATIQUE

Jospeh Kabila

(c) Reuters
Le président Joseph Kabila, vainqueur de la première élection présidentielle organisée en République démocratique du Congo depuis plus de 40 ans, prêtera serment mercredi devant la Cour suprême de justice, confirmait-on lundi de sources officielles.
Des préparatifs sont organisés dans ce sens pour accueillir les chefs d'Etat et autres personnalités étrangères qui seront présents à cette cérémonie, mais dont la liste ne peut pas encore être connue pour des raisons de sécurité.
"La date du 6 est constitutionnelle, elle sera respectée comme elle avait déjà été annoncée", a dit le porte-parole de Kabila, Kasongo Kudura.
Les militaires cantonnés en dehors de la capitale
Dans le cadre de ces préparatifs, des travaux de rénovation ont été entrepris à Kinshasa et des mesures de sécurité draconiennes décidées afin de prévenir tout incident.
La plupart des militaires, y compris les membres de la garde du vice-président Jean-Pierre Bemba, candidat malheureux face à Kabila, ont été cantonnés en dehors de la capitale.
La Mission de l'ONU au Congo (MONUC) a précisé que la plus grande partie de la garde de M. Bemba avait été consignée avec l'appui de l'état-major des forces armées congolaises à Maluku, à 80km du centre de Kinshasa.
La capitale a du reste retrouvé le calme depuis le message de Jean-Pierre Bemba indiquant son refus de recourir aux armes, mais précisant son ambition de "conduire une opposition républicaine et forte". (AP)
Par Alsény - Publié dans : La Guinée/l'Afrique
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Mercredi 6 décembre 2006

Alors qu'un ex-agent russe doit être interrogé ce mercredi par Scotland Yard, le "contact" italien d'Alexandre Litvinenko, lui-même hospitalisé, accuse des "organisations clandestines" indépendantes du Kremlin.

 

DÉCÈS DE L'EX-AGENT RUSSE EMPOISONNÉ À LONDRES

Alexandre Litvinenko

(c) Reuters

Le "contact" italien d'Alexandre Litvinenko accuse des "organisations clandestines", qui selon lui ne seraient pas sous les ordres directs du Kremlin, d'avoir empoisonné l'ancien espion russe, décédé le 23 novembre dans un hôpital londonien.
Dans une interview diffusée mercredi 6 décembre par la chaîne de télévision américaine CNN, Mario Scaramella, lui-même hospitalisé dans la capitale britannique car des traces de radioactivité ont été découvertes dans son organisme, met en cause d'anciens membres des services de sécurité russes.
Spécialiste des services secrets soviétiques puis russes, il a rencontré Litvinenko le 1er novembre dans un restaurant de sushi à Londres. Les deux hommes avaient reçu des courriels d'une "source" commune affirmant que leurs vies pouvaient être en danger.
Ces courriels disaient que "lui et, dans un certain sens, moi-même - j'étais également cité mais pour des raisons différentes - étions sous la surveillance de gens qui nous voulaient du mal et que nous devions faire attention", a déclaré Scaramella.

Organisations clandestines

Ces gens, a-t-il ajouté, "sont liés à des organisations clandestines qui ne sont pas directement contrôlées par 'l'establishment' russe mais qui viennent de Russie (...), en général d'anciens membres des services de sécurité en retraite".
Des traces de polonium 210, la substance radioactive qui a été fatale à Litvinenko, ont été retrouvées dans l'organisme de Scaramella mais celui-ci dit ne ressentir aucun symptôme d'empoisonnement et se sentir "parfaitement bien".
Pour lui, il est peu probable que la contamination ait eu lieu lors de sa rencontre avec Litvinenko dans le restaurant de sushi. "Je ne le pense pas, tout simplement parce que nous étions seuls et qu'il n'y avait rien de bizarre", a-t-il dit.
Quatre policiers britanniques sont arrivés lundi à Moscou pour enquêter sur la mort de Litvinenko, ancien officier du FSB, les services de sécurité russes issus du KGB, devenu un opposant au président Vladimir Poutine.
D'après ses associés, Litvinenko a déclaré sur son lit de mort que son empoisonnement avait été ordonné par le président russe. Poutine a démenti toute responsabilité dans une affaire qui a nui aux relations entre la Russie et la Grande-Bretagne, dont Litvinenko avait obtenu la nationalité. A ce jour, aucun suspect n'a été inculpé, pas même identifié.

Un ex-agent russe interrogé par Scotland Yard

Par ailleurs, un ex-agent des services spéciaux russes, Andreï Lougovoï, devait être interrogé mercredi à Moscou par des détectives britanniques dans le cadre de l'enquête sur la mort de l'ex-agent Alexandre Litvinenko. "J'ai été officiellement informé que ma rencontre avec les enquêteurs de Scotland Yard aurait lieu aujourd'hui (mercredi) avec la participation des responsables du Parquet général russe", a déclaré Alexandre Lougovoï à l'agence russe Itar-Tass.
Cet ex-agent reconverti en homme d'affaires est en observation à l'hôpital après un éventuelle contamination radioactive.
Le 1er novembre, il avait rencontré Litvinenko à l'hôtel Millenium, dans le centre de Londres, juste avant que l'ancien agent ne commence à ressentir les symptômes de son empoisonnement au polonium 210, une matière hautement radioactive.

 

Par Alsény - Publié dans : La France/le monde
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Mercredi 6 décembre 2006

C'est parce que certains hommes ont un rapport obsessionnel avec le corps de la femme qu'ils lui imposent le voile qui n'a rien de religieux. Un horizon de désespérance

LEÏLA BABÈS, Professeur de sociologie des religions

à l'Université catholique de Lille

Auteure du livre «Le Voile Démystifié» (Bayard)

Le tollé soulevé dans le monde musulman par le vote de la loi française d'interdiction des signes religieux à l'école a révélé deux faits totalement inédits dans toute l'histoire de l'islam. D'abord les réactions quasi-hystériques qui se sont exprimées ici et là à propos du voile, devenu un phénomène mondial, le signe emblématique d'une communauté, montrent à l'évidence, une fracture dans la conscience musulmane. Jamais auparavant, ni dans la période califale ni même depuis l'émergence des premiers idéologues islamistes au début du XXesiècle qui ont fait du voile un précepte fondamental en le désignant abusivement par le concept de hijâb que le Coran réserve exclusivement aux épouses du prophète, le corps de la femme n'avait fait l'objet d'un débat engageant le destin de l'ensemble de la communauté. C'est un peu comme si le corps social se confondait avec celui de la femme.

Ensuite, ce qui frappe, c'est la reprise en coeur un peu partout d'un discours qui circule dans les milieux islamiques depuis quelques années, selon lequel le voile est une croyance et une pratique religieuse. Voilà bien une gigantesque mystification dont les mécanismes sont faciles à démonter.

Mais pourquoi tant de bruit pour ce morceau de tissu? Pourquoi ces musulmans ne manifestent-ils pas pour avoir de belles mosquées au lieu de ces obscures salles de prière qui donnent une image si misérabiliste de leur religion? Après tout, la prière est l'un des fondements cultuels avec la profession de foi, la zakât, le jeûne et le pèlerinage. Je ne sache pas que le voile fasse partie de ces cinq piliers de l'observance, pas plus qu'il ne constitue un élément du dogme musulman, un pilier de la foi avec la croyance en Dieu, aux anges, aux Livres, aux prophètes, et au Jour du Jugement dernier. Il n'y a strictement aucune différence dans ce domaine de la foi, du culte, de la spiritualité et du statut du croyant entre l'homme et la femme. Le Coran et la tradition prophétique sont clairs là-dessus. Si comme le prétendent les tenants de cette nouvelle doxa, le voile était une obligation cultuelle au même titre que la prière ou le jeûne, alors qu'attendent les hommes pour se voiler?

Une chose est sûre: cette supercherie est le fait des hommes, et elle touche le corps de la femme. Le voile a toujours été depuis son apparition il y a près de deux millénaires, un moyen de soumettre la femme à la tutelle de l'homme. Cette règle de «marquage» des femmes du clan, épouses, vierges, femmes de haut rang, accompagnée d'un tabou particulier sur les cheveux, se retrouvera presque partout dans le pourtour méditerranéen.

Les islamistes qui croient que le Coran a inventé le voile se trompent. Le voile n'a rien de religieux, il n'est même pas le fait de croyants juifs ou chrétiens, c'est une coutume instaurée par des peuples de païens, des hommes de la Jahiliyya, cet âge de l'ignorance de «la vraie religion». Le Coran ne «prescrit» pas le voile. Il ne fait que recommander aux femmes de le porter d'une manière décente qu'il ne décrit nulle part, et de couvrir leurs décolletés. Les principes éthiques que le Coran défend sont la pudeur et une attitude de réserve en matière d'attirance entre les sexes, principes qui s'appliquent d'ailleurs aussi bien aux femmes qu'aux hommes. Tout le reste n'est que fantasmagorie. Le voile n'a donc rien de religieux. Il a à voir avec des hommes qui ont un rapport obsessionnel avec le corps de la femme.

Rien d'étonnant à ce que les femmes soient l'objet principal d'une telle fixation lorsqu'on défend une conception liberticide. Le voile est à un tel point un symbole essentiel pour l'ordre islamiste qu'il permet de marquer une stricte différenciation des sexes, en assignant les femmes à une place particulière. En accentuant l'interdit qui pèse sur le corps de la femme, on rend celle-ci inapte à se découvrir, à se rendre visible, à investir l'espace public, à accéder au pouvoir, en somme, à être l'égale de l'homme.

Mais c'est sur un autre registre que les ressorts profonds de ce pathos se jouent: le registre sexuel. Car c'est sur ce terrain que depuis deux milles ans l'obsession se déploie. Le Coran ne donne d'ailleurs aucun autre argument dans les trois versets relatifs au «voile», en mettant en cause systématiquement les hommes et leurs motivations sexuelles. En légiférant sur le voile, le texte divin a tenté de réguler les instincts libidinaux des hommes, toujours prêts à convoiter les femmes sans discernement, à commencer par les propres épouses du Prophète. Ces hommes n'étaient ni juifs, ni chrétiens, ni polythéistes, ils étaient musulmans.

Que conclure de tout ceci? Que 14 siècles après la fondation de l'islam, les musulmans qui agitent aujourd'hui le voile comme on agite l'étendard de la communauté, ont oublié ou feignent d'oublier l'exercice du jihad, que le Prophète lui-même a appelé le grand jihad pour le distinguer du combat armé, cet effort personnel de perfectionnement éthique et spirituel destiné à contrôler ses propres instincts. En faisant du voilement du corps de la femme, objet de toutes les convoitises, un moyen d'assurer leur tranquillité, les hommes s'autorisent à ne pas faire cet effort. Bien entendu, ce sont les femmes qui paient le prix de cette attitude infantile qui permet aux hommes de se réfugier dans le confort douillet de l'auto-dé-responsabilisation.

Continuer d'affirmer que le voile est une prescription éternelle et non circonstanciée au lieu d'accomplir le jihad, c'est reconnaître que les hommes musulmans sont des hommes sans éducation, incapables de contrôler leurs instincts animaux. N'est-ce pas reconnaître par-là même l'échec de l'islam comme religion de la responsabilité?

Comment expliquer cette fracture? Comment en sommes-nous arrivés au point que l'islam est devenu la religion du voile? Après l'éradication par les tenants d'une conception exclusivement juridique de l'islam de ce qui a fait la grandeur de cette grande civilisation, le savoir encyclopédique et l'humanisme, la philosophie, la théologie et la mystique, que reste-t-il? Des prédicateurs disciples d'une poignée de «théologiens» réactionnaires, responsables de l'appauvrissement civilisationnel et intellectuel d'une religion devenue prisonnière d'une lecture paranoïaque qui ne retient que les interdits et les obligations. Le voile est vraiment l'illustration par excellence de l'état de délabrement intellectuel, culturel et spirituel dans lequel se trouve la pensée islamique contemporaine.

© La Libre Belgique 2004

Par Alsény - Publié dans : L'instinctuel à Bissiry
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